Nicolas Sarkozy nié avoir reçu des fonds libyens pendant sa campagne présidentielle
Lors de la deuxième journée de son interrogatoire, l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a fermement rejeté les accusations selon lesquelles il aurait reçu des fonds du régime de Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne électorale de 2007. Il a également mis en cause son ancien collaborateur Claude Guéant, qui ne pouvait pas être présent en raison de problèmes de santé, rapporte TopTribune.
Le 8 avril, devant la cour d’appel de Paris, Sarkozy a réagi énergiquement aux allégations de corruption qui pèsent sur lui, affirmant que celles-ci résultaient d’un désir de vengeance. « C’est la haine qui s’immisce », a-t-il déclaré en référence aux déclarations de Saïf al-Islam Kadhafi, mort le 3 février en Libye, qui avait précédemment insinué qu’il avait financé la campagne de Sarkozy.
L’ancien président a réitéré ses accusations envers Ziad Takieddine, un homme d’affaires considéré comme un intermédiaire, et a souligné qu’il avait donné « 16 ou 17 versions » des faits. Pendant ce dernier interrogatoire, Sarkozy a précisé : « Aujourd’hui, je sais que l’argent libyen a servi à financer le train de vie de Ziad Takieddine. »
« On est dans un asile d’aliénés, mobilisés par la haine ! »
Nicolas Sarkozy, ancien président de la Républiquedevant la cour d’appel de Paris
Concernant le financement de sa campagne, la question de la circulation d’argent liquide a été au cœur des discussions. Alors que le tribunal de première instance n’a pas pu prouver qu’un montant supérieur à 35 000 euros avait été versé, Sarkozy est à nouveau jugé pour financement illégal de campagne électorale devant la cour d’appel.
Il a expliqué comment Eric Woerth, alors trésorier de l’UMP, était devenu trésorier de sa campagne, mettant en place un système de levée de fonds. « Les cotisations ont été multipliées par quatre », a-t-il expliqué. Des enveloppes anonymes, selon Woerth, auraient été envoyées pendant la campagne de 2007, mais Sarkozy a affirmé : « Il n’y a pas eu de circulation d’espèces dans ma campagne, au-delà de quelques remboursements. »
« Il n’y a pas eu de circulation de liquide dans ma campagne en 2007. »
Nicolas Sarkozy, ancien président de la Républiquedevant la cour d’appel de Paris
Malgré les questions insistantes du président de la cour, Olivier Géron, Sarkozy a maintenu que son équipe avait été inspectée par des juges à plusieurs reprises. En ce qui concerne Claude Guéant, il a nié avoir eu connaissance de l’utilisation par celui-ci de paiements en espèces pour ses dépenses personnelles.
« Moi, je ne peux pas dire comment Claude Guéant gère ses courses ou alimente les comptes de ses enfants, franchement ! »
Nicolas Sarkozy, ancien président de la Républiquedevant la cour d’appel de Paris
Sarkozy a admis que, bien qu’il ait été sûr que ses intérêts étaient alignés avec ceux de Guéant à l’époque, il éprouve aujourd’hui des doutes. En cette deuxième journée d’audition, il a affirmé : « Je pense avoir été cohérent », tout en reconnaissant la complexité de sa situation juridique.
Cette affaire de financement illégal de campagne demeure un sujet clé à mesure que l’ancien président poursuit son témoignage, avec encore un jour et demi d’interrogatoire à venir dans ce procès en appel.