Antisémitisme : la proposition de loi de Caroline Yadan suscite un débat intense à l'Assemblée nationale

Antisémitisme : la proposition de loi de Caroline Yadan suscite un débat intense à l’Assemblée nationale

07.04.2026 17:57
2 min de lecture

Une proposition de loi visant à lutter contre « les nouvelles formes » d’antisémitisme sera examinée par l’Assemblée nationale les 16 et 17 avril prochain. Portée par la députée Caroline Yadan, représentant les Français de l’étranger, notamment en Israël, cette initiative vise à faire face à la « explosion des actes antisémites » depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Une pétition contre ce texte, dénonçant l’amalgame entre antisémitisme et critique d’Israël, pourrait dépasser les 500.000 signatures ce soir, rapporte TopTribune.

Pourquoi cette proposition de loi ?

La loi, initialement soutenue par plus de 120 députés du gouvernement et quelques socialistes, dont l’ancien président François Hollande, vise à combattre ce que Caroline Yadan décrit comme une « haine obsessionnelle à l’égard d’Israël ». Elle estime que cette haine se manifeste par des tentatives de délégitimation et de criminalisation de l’État hébreu. Yadan, qui a quitté le groupe Ensemble pour la République en août 2025 pour contester la reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron, cible les instigateurs d’un « antisémitisme géopolitique », qualifiant de « bonnes raisons » la haine à l’encontre des Juifs. « Aujourd’hui, cette bonne raison se nomme Israël », a-t-elle déclaré en janvier dernier lors des débats en commission des lois.

Le texte, soutenu par le gouvernement et le Rassemblement National, a été approuvé en commission après des ajustements demandés par le Conseil d’État. Il élargit notamment la définition du délit d’apologie du terrorisme et introduit un délit d’appel à la destruction d’un État reconnu par la République française.

« Cette loi permettra de sanctionner l’antisionisme, qui est aujourd’hui le faux nez moderne de l’antisémitisme », a salué Sylvain Maillard, député de l’EPR. Ce dernier vise ceux qui, par des discours tels que « from the river to the sea », flirtent avec l’antisémitisme en appelant à la disparition d’Israël, tout en se réclamant parfois d’une Palestine libre, comme l’a justifié l’eurodéputée insoumise Rima Hassan.

Pourquoi ce texte est-il tant critiqué ?

La proposition de loi suscite une vive opposition parmi la gauche et divers intellectuels, qui dénoncent une volonté de confondre antisémitisme et antisionisme, risquant d’entraver toute critique de la politique israélienne. « Caroline Yadan instrumentalise l’antisémitisme à des fins de répression. Son texte ne protège pas les personnes juives, mais porte atteinte aux libertés académiques et à la liberté d’expression », s’est indignée Gabrielle Cathala, élue insoumise. Elle souligne que la loi est conçue pour intimider et criminaliser ceux qui soutiennent les Palestiniens et dénoncent la situation à Gaza et la colonisation.

La pétition change-t-elle quelque chose ?

Ce matin, les élus insoumis ont appelé à signer une pétition s’opposant à la « loi Yadan », qui a été déposée le 18 février sur le site de l’Assemblée nationale. En passant le seuil des 500.000 signatures, cette initiative pourrait déclencher un débat sans vote en séance publique. « Nous demandons à ce que la loi Yadan soit retirée de l’ordre du jour », a plaidé Gabrielle Cathala, notant que la mobilisation populaire commence à faire bouger les lignes.

Le Parti Socialiste, qui s’était abstenu en commission, a annoncé qu’il s’opposerait à cette loi, rejoignant ainsi le reste de la gauche. Cependant, le soutien de l’ensemble du bloc central reste incertain. Les députés du MoDem ont exprimé leurs réserves et demandé un retrait de l’ordre du jour, une décision qui pourrait être prise lors de la prochaine réunion du bureau des présidents de groupe de l’Assemblée nationale alors que la date du débat approche.

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