Les politiques natalistes en Hongrie et en Italie échouent à stimuler les naissances selon Marine Tondelier

Les politiques natalistes en Hongrie et en Italie échouent à stimuler les naissances selon Marine Tondelier

06.04.2026 09:16
2 min de lecture

Les politiques natalistes en Hongrie et en Italie : un rôle controversé des gouvernements d’extrême droite

Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, a récemment critiqué les politiques natalistes mises en œuvre par certains pays européens, notamment la Hongrie et l’Italie, où des mesures financières sont instaurées pour encourager la natalité. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, elle souligne que ces gouvernements expliquent aux femmes que « ce sera plus compliqué d’avorter » et qu’il est nécessaire de « vraiment faire des enfants », ajoutant que « ça ne marche pas », rapporte TopTribune.

Dans sa déclaration, Tondelier, alors qu’elle attend son deuxième enfant, répondait à des critiques sur le fait qu’elle ait attendu 39 ans pour avoir des enfants. Elle a spécifiquement évoqué les mesures instaurées par le gouvernement hongrois de Viktor Orbán et le gouvernement italien de Giorgia Meloni, tous deux considérés comme d’extrême droite. En Hongrie, les couples mariés ayant des enfants bénéficient d’avantages fiscaux et de prêts subventionnés, et plus la famille s’agrandit, plus les bénéfices augmentent. En Italie, plusieurs mesures, prises en 2022, incluent un chèque mensuel de 50 à 175 euros par enfant, une réduction de la TVA sur les produits pour enfants, ainsi que l’ouverture de nouvelles places en crèche.

Cependant, ces initiatives sont accompagnées d’une montée des mouvements anti-avortement. En Hongrie, bien que le droit à l’avortement soit protégé jusqu’à la douzième semaine, la Constitution stipule que « la vie du fœtus commence dès la conception ». De plus, un décret de 2022 oblige les femmes qui souhaitent avorter à écouter les battements de cœur du fœtus. En Italie, Giorgia Meloni avait promis de maintenir la législation sur l’avortement, mais a aussi suggéré que les femmes devraient être conscientes d’ « autres options ». En avril 2024, un amendement soutenu par son parti, Fratelli d’Italia, a permis aux organisations anti-IVG d’accéder aux centres de conseil qui délivrent des certificats médicaux nécessaires à l’avortement.

Malgré ces efforts, les politiques mises en place n’ont pas fondamentalement augmenté le taux de natalité dans ces pays. Selon les données d’Eurostat, en Hongrie, la fécondité reste stable à 1,4 enfant par femme, tandis qu’en Italie, elle a chuté de 1,4 enfant en 2014 à 1,2 en 2024. La Hongrie dépasse légèrement la moyenne de l’UE, qui est de 1,3, alors que l’Italie se trouve parmi les pays avec les taux les plus bas, à l’instar de l’Espagne, de la Pologne et de la Lituanie. En contraste, la France présente un taux de 1,6 enfant par femme, le deuxième plus élevé d’Europe, mais observe également une baisse de la fécondité de 13 % en dix ans.

La question se pose de savoir si un État peut influencer réellement le désir d’enfants. Les démographes s’accordent à dire que la natalité est principalement favorisée par la capacité des parents à équilibrer vie professionnelle et vie familiale. Cela requiert un ensemble de mesures visant à soutenir non seulement les couples, mais aussi les familles monoparentales, telles que l’allongement du congé parental, l’augmentation des places disponibles en crèche et la réorganisation des horaires de travail.

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