Un important rassemblement contre le racisme se tiendra ce samedi devant la mairie de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, lancé par Bally Bagayoko, récemment élu maire de la ville, victime d’une campagne de haine depuis sa prise de fonction, rapporte TopTribune.
Ce « grand rassemblement citoyen » verra la participation de nombreuses personnalités politiques de gauche, y compris les Insoumis Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, ainsi que l’écologiste Marine Tondelier, ainsi qu’une délégation socialiste et divers syndicats et associations, prévu pour débuter à 14h00 sur le parvis de la mairie de la deuxième plus grande ville d’Île-de-France, après Paris.
Entre 10.000 et 20.000 personnes attendues
Bally Bagayoko a exprimé son espoir d’accueillir « entre 10.000 et 20.000 personnes », soulignant que la cause défendue transcende les divergences politiques. Il a critiqué ceux qui ne voient dans cette marche qu’une affiliation à La France insoumise, déclarant : « Celles et ceux qui aujourd’hui réduisent en fait cette marche uniquement à l’étiquette de La France insoumise ont tort et sont indignes finalement de ce combat qui est un combat contre le racisme, contre l’antisémitisme et contre l’islamophobie et toutes les formes de discriminations. »
À propos de l’absence de la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, il a affirmé qu’elle aurait dû être présente, tout en remerciant celle-ci pour le soutien exprimé par téléphone.
Propos polémiques sur CNews
Bally Bagayoko, d’origine malienne, a lancé l’appel à ce rassemblement après avoir été la cible de remarques controversées sur CNews, où des liens ont été établis entre lui et « la famille des grands singes », et où son attitude a été critiquée comme celle d’un « mâle dominant ».
CNews a fermement nié que des propos racistes aient été tenus en son sein, arguant que les déclarations avaient été « délibérément déformées sur les réseaux sociaux, alimentant une polémique infondée ». Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injure publique » à la suite de la plainte déposée par Bagayoko, qui a également demandé la fermeture de la chaîne. Le préfet s’est constitué partie civile, conformément à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié les commentaires de « ignobles » et « absolument inacceptables », tandis que Bagayoko a reconnu l’importance du soutien gouvernemental, bien qu’ils soient intervenus « relativement tard ».
Les débuts de Bagayoko, élu dès le premier tour face à l’ancien maire socialiste Mathieu Hanotin, ont été étroitement surveillés, surtout après un premier conseil municipal tumultueux où l’ancien maire et ses colistiers ont été accueillis par des huées. Des responsables politiques ont exprimé leur indignation face à l’atmosphère dans les villes remportées par des candidats LFI ou divers gauche. Le gouvernement a également critiqué Bagayoko pour avoir déclaré à CNews que « les fonctionnaires sont avant tout des gens qui répondent en fait à une commande politique ».