Un ruisseau à Lorignac, en Charente-Maritime, a été le théâtre d’une découverte macabre fin mars, lorsque une promeneuse a trouvé des entrailles et des cadavres d’animaux sauvages, suscitant l’indignation au sein de la communauté. Parmi les restes, se trouvaient les corps éventrés de quatre chevreuils et une tête de biche. Cette situation alarmante a été dénoncée par Futur Asso, une association de défense des droits des animaux, qui critique le manque de réaction des autorités locales face à ces actes de braconnage, rapporte TopTribune.
Ce n’est pas la première fois que cette promeneuse, qui a souhaité garder l’anonymat par crainte de représailles, tombe sur des cadavres d’animaux dans cette forêt. En février, elle avait découvert un cerf braconné dont la tête avait été coupée et emportée pour servir de trophée. « Cela a eu lieu en pleine période de brame du cerf, ce qui devrait être interdit », a-t-elle déclaré à un média local, affirmant que bien que le cerf ait été débarrassé une fois que la mairie en ait été informée, aucune enquête n’a été ouverte. Elle désigne ces actes comme « du braconnage pur et dur ».
Des pratiques de chasse alarmantes
Lors de son second constat, la riveraine a découvert une multitude de carcasses d’animaux dans le sous-bois. Vuk, lanceuse d’alerte chez Futur Asso, a indiqué que « cette fois-ci c’était pour la viande » et a exprimé son inquiétude quant à la répétition de tels événements. Elle fait état d’autres témoignages similaires provenant de promeneurs ayant trouvé des têtes de sangliers.
« La chasse en 2026 n’est plus celle du petit chasseur avec son chien et son bâton », a-t-elle déploré, ajoutant que les braconniers utilisent des 4×4 et de grandes meutes de chiens pour traquer les animaux. L’association appelle désormais à la mise en place de barrières pour limiter l’accès au site, qui est manifestement un lieu de chasse fréquenté.
À Lorignac, des traces de véhicules tout-terrain attestent de l’activité illégale. Les braconniers semblent se soucier peu de nettoyer après leur passage, laissant les carcasses à l’air libre. Vuk souligne que « sur le plan sanitaire, il est absolument interdit de laisser des cadavres d’animaux dans les champs et prés », et indique qu’un tracteur a été envoyé pour recouvrir les restes, bien que la législation exige un enlèvement par un établissement agréé.
« Le braconnage est un problème sous-estimé », a encore ajouté Vuk. Son association est en première ligne dans la lutte pour la protection de la faune locale, incitant les autorités à prendre ces questions au sérieux. « Souvent, on laisse couler et il ne se passe rien », a-t-elle déploré. Cela soulève des questions sur l’efficacité des mesures de régulation de la chasse et de protection de la nature en France, notamment dans les zones rurales où les préoccupations pour le bien-être animal et la biodiversité sont souvent mises de côté en raison des traditions de chasse.
Le silence perçu des autorités locales face à ces événements pourrait également être le reflet d’un manque d’investissement dans la protection de la faune et l’environnement. Les incidents répétitifs de braconnage et d’abandon de déchets animaux montrent un besoin urgent de réévaluation des législations et des pratiques de chasse.
Ce mercredi, aucune réponse n’a pu être obtenue du maire de Lorignac, bien que les résidents espèrent que les autorités locales prendront des mesures pour traiter ce problème de manière appropriée. La situation actuelle souligne la nécessité d’une mobilisation accrue pour la protection de la faune, et peut-être la révision des lois sur la chasse pour mieux encadrer ces pratiques, garantir la sécurité sanitaire et protéger les écosystèmes locaux.