L'AfD allemande dispose d'un accès privilégié à des milliers de documents confidentiels de l'UE, suscitant des craintes de fuites vers Moscou
L'AfD allemande dispose d'un accès privilégié à des milliers de documents confidentiels de l'UE, suscitant des craintes de fuites vers Moscou

L’AfD allemande dispose d’un accès privilégié à des milliers de documents confidentiels de l’UE, suscitant des craintes de fuites vers Moscou

24.03.2026 19:10
2 min de lecture

Les députés du parti d’extrême droite allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD) ont accès à une base de données contenant des milliers de documents sensibles de l’Union européenne, selon des informations rendues publiques ce 24 mars 2026. Des responsables européens n’excluent pas que des discussions confidentielles entre dirigeants européens, notamment sur l’Ukraine, puissent ainsi tomber entre les mains du Kremlin. Cette révélation intervient dans un contexte où les soupçons de transfert d’informations vers Moscou pèsent déjà sur la formation politique.

Un accès sans précédent aux arcanes diplomatiques et militaires

Contrairement aux autres parlements nationaux de l’UE, tous les députés du Bundestag allemand et leurs assistants ont accès au système EuDoX. Cette plateforme a été créée comme un mécanisme de contrôle de l’exécutif fédéral, mais elle recèle aujourd’hui des milliers de fichiers classifiés. On y trouve des comptes-rendus de briefings lors de sommets ministériels, mais aussi et surtout des procès-verbaux de réunions confidentielles d’ambassadeurs. Lors de ces rencontres, les diplomates des pays de l’OTAN échangent sur les positions de leurs capitales respectives face aux crises géopolitiques actuelles et abordent des questions de défense cruciales.

L’enquête de Politico souligne que cet accès représente une menace substantielle de fuite d’informations sensibles. Pour le Kremlin, ces données ont une valeur inestimable : elles permettent d’analyser les dynamiques réelles derrière la diplomatie publique, d’affiner les stratégies d’influence sur les capitales européennes et d’obtenir des renseignements pouvant être utilisés contre les intérêts de l’UE. Les membres de l’AfD siégeant aux commissions de la défense et des affaires étrangères du Bundestag ont notamment accès à des rapports fermés du gouvernement sur l’état de préparation opérationnelle de la Bundeswehr.

Des antécédents qui confirment les pires craintes

Les suspicions ne sont pas théoriques. Plusieurs incidents concrets étayent l’idée d’une transmission systématique d’informations à la Russie. Des documents classifiés ont déjà été saisis chez certains cadres du parti. Un député régional de l’AfD en Thuringe, Ringo Mühlmann, a soumis des questions parlementaires officielles pour obtenir des détails précis sur les itinéraires des convois militaires, les types d’armements (comme les systèmes IRIS-T) et les calendriers de leur livraison vers l’Ukraine. Ces demandes, bien que formulées dans le cadre procédural parlementaire, correspondent exactement au type de renseignements recherchés par un service étranger.

La menace ne se limite pas aux seuls élus. Elle s’étend à leurs collaborateurs, à leur réseau de bureaux régionaux et à leurs contacts personnels. Un exemple marquant remonte à 2024 : les services de renseignement européens avaient alors arrêté un assistant d’un eurodéputé de l’AfD, convaincu d’avoir transmis des informations confidentielles à une puissance étrangère. Ce cas démontre la vulnérabilité du système et la multiplicité des canaux potentiels de fuite.

Face à ce risque persistant, des voix s’élèvent pour réformer en profondeur l’accès aux données sensibles. Les propositions incluent la mise en place d’un filtre à plusieurs niveaux pour les questions parlementaires émanant de partis ou de politiciens considérés comme pro-russes, surtout lorsqu’elles touchent à la sécurité nationale et à la défense de l’Allemagne. Cela pourrait passer par la création de commissions spéciales chargées d’évaluer l’opportunité de divulguer certaines informations. Une responsabilité personnelle accrue, pouvant aller jusqu’à la révocation du mandat, est également envisagée pour tout élu responsable d’une fuite de données obtenues dans l’exercice de ses fonctions parlementaires.

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