Épidémie de méningite dans le Kent : 20 cas recensés
Le ministre de la Santé britannique a évoqué mardi une situation « sans précédent » lors d’un discours au Parlement. Depuis le 13 mars, 20 cas de méningite ont été signalés dans une petite zone du comté du Kent, au sud-est de Londres, selon des informations relayées par la BBC, rapporte TopTribune.
Malheureusement, deux décès ont été enregistrés, notamment celui de jeunes adultes de 18 et 21 ans. D’après le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), « les enquêtes ont identifié la fréquentation d’une boîte de nuit à Canterbury entre le 5 et le 7 mars comme un lieu d’exposition possible ». L’un des malades est hospitalisé en France et pourrait également être lié à cette épidémie. Les premières analyses révèlent que l’épidémie est causée par des méningocoques du groupe B, qui sont les plus fréquents dans ce type d’infection.
Des infections invasives à méningocoque avec des risques élevés de séquelles
Ces infections invasives à méningocoque (IIM) représentent un risque grave, avec un taux de mortalité de 10 à 12 % et des séquelles potentielles dans 20 à 25 % des cas. L’infection est causée par la bactérie Neisseria meningitidis, qui peut entraîner une méningite, se manifestant par des maux de tête, de la fièvre, des vomissements, ainsi qu’une inflammation des membranes cérébrales. Les épidémies de méningite à Neisseria meningitidis surviennent généralement par petits groupes autour de cas confirmés ou dans des lieux très fréquentés.
D’après l’ECDC, le risque pour la population européenne demeure faible. « La probabilité d’exposition et d’infection est négligeable. Pour ceux qui ont été exposés à cet événement dans le Kent mais vaccinés contre le méningocoque B, le risque d’infection est faible grâce à la protection vaccinale », précise l’organisme. Pour les individus non vaccinés ayant été exposés, le risque est modéré. Au-delà de 10 jours après une possible exposition, il n’y a plus de danger, et les personnes en contact avec les cas confirmés se voient recommander une antibiothérapie préventive et une vaccination.
Un taux d’infection potentiellement plus élevé
La situation dans le Kent soulève des interrogations en raison du nombre élevé de cas graves, alors que les infections à méningocoque ne se transmettent pas facilement. La bactérie se propage par contact étroit, et non par gouttelettes. Pour le professeur Andrew Preston, interrogé par la BBC, « il y a un taux de transmission important », ce qui suggérerait qu’un nombre plus élevé de personnes pourrait avoir contracté la bactérie. La télévision britannique fait état d’une souche circulant depuis cinq ans, dont l’analyse génétique en cours pourrait révéler des mutations significatives.
D’autres facteurs, tels que les conditions environnementales en Afrique, peuvent favoriser la pénétration de la bactérie dans le corps. Des préoccupations sont également soulevées quant aux comportements sociaux, tels que le partage de cigarettes électroniques dans la boîte de nuit.
Un événement de super-propagation ?
L’épidémie pourrait être associée à un événement de super-propagation, où un nombre anormalement élevé d’individus aurait été infecté simultanément. Avec au moins 11 cas se rapportant au Club Chemistry de Canterbury, Susan Hopkins, directrice de l’Agence britannique de sécurité sanitaire, a déclaré que « cela semble être un événement de super-propagation avec une propagation continue au sein des résidences universitaires ».
L’ECDC reste en contact avec les autorités du Royaume-Uni et de l’UE pour suivre l’évolution de cette situation par le biais d’une surveillance épidémiologique et génomique. Environ 2 000 cas de méningite sont rapportés annuellement dans l’UE, avec un taux de mortalité d’environ 10 % des cas.