Les Républicains préparent les élections municipales de mars 2026
Le parti Les Républicains (LR) aborde les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 avec une confiance calculée, mise en avant par Jean-François Dejean, directeur général du parti : « Il y a 1 000 communes de plus de 9 000 habitants, et 519 sont dirigées par la droite ». Le collectif vise à maintenir ou améliorer sa position face à des élections critiques, notamment pour sécuriser des grands électeurs essentiels pour le Sénat, crucial à la suite du recul de LR à l’Assemblée. Cette échéance se profile également comme le premier test pour Bruno Retailleau, élu président du parti en mai 2025, dans sa trajectoire vers une potentielle candidature à la présidence en 2027, rapporte TopTribune.
Après des revers électoraux marquants en 2022, où Valérie Pécresse n’a obtenu que 4,78% des voix à la présidentielle, LR espère redorer son blason lors de ces municipales. Le parti avait déjà connu des succès lors des municipales de 2020, mais avait également perdu des bastions comme Marseille et Bordeaux au profit de la gauche. Six ans plus tard, la nécessité d’une victoire se fait sentir, car le parti a été affaibli par des divisions internes et des avancées du Rassemblement national (RN).
Pour l’instant, les comités départementaux LR ont été chargés de sélectionner des candidats, ce qui a généralement été effectué sans accroc, selon Dejean. Le parti a mis en place une commission nationale d’investiture pour analyser les candidatures dans les villes de plus de 30 000 habitants et distribuer des soutiens, face à une concurrence croissante tant de la gauche que de l’extrême droite. LR mise sur sa capacité à conserver son emprise dans les villes administrées par ses représentants.
Des villes ciblées par LR incluent Tours, Grenoble et Besançon, avec des ambitions notables pour des conquêtes. Par exemple, à Besançon, Ludovic Fagaut espère une victoire, mais doit également faire face à un candidat centriste. En revanche, certaines villes comme Saint-Étienne et Limoges révèlent des défis importants, avec des scandales ayant terni l’image des candidats du parti.
Les unions avec d’autres partis de droite seront gérées au cas par cas, sans cadre national, ce qui permet une flexibilité dans les alliances locales. Par exemple, à Annecy, Retailleau a opté pour soutenir un ancien ministre macroniste, tandis qu’à Lille, LR et Renaissance se présentent séparément.
Malgré ces stratégies, le climat interne reste tendu, en particulier face à la montée d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe, qui a attiré des élus LR vers ses rangs. LR doit également gravir les échelons dans les grandes métropoles, où il se fait de plus en plus rare. La ville de Nîmes est désormais le plus grand bastion LR, mais pourrait péricliter sous la pression du RN et de divisions internes.
Il est essentiel pour LR de sécuriser au moins une grande ville afin de démontrer sa pertinence à un an de l’élection présidentielle. Le soutien à des candidats macronistes, bien que critiqué par Retailleau, pourrait s’avérer crucial pour certaines villes comme Bordeaux et Lyon. À Paris, la candidature de Rachida Dati génère de l’enthousiasme, nourrissant l’espoir d’un bouleversement après des décennies de domination socialiste.
Alors que les discussions en vue des élections progressent, les résultats fourniront une évaluation précise de la puissance et de l’autorité du parti parmi les électeurs, ainsi que de la stratégie à adopter face à la concurrence grandissante de l’extrême droite et des partis centrals.