Municipales 2026 : des milliers d'écharpes attendent les maires dans un atelier breton

Municipales 2026 : des milliers d’écharpes attendent les maires dans un atelier breton

01.03.2026 08:36
2 min de lecture

Les sortants visent à maintenir leur poste, tandis que les autres candidats aspirent à revêtir l’écharpe de maire pour la première fois. Cet accessoire hautement symbolique suscite de nombreuses convoitises à l’approche des élections municipales. Apparue à la fin du XVIIIe siècle avec la création des communes en 1790, l’écharpe est aujourd’hui le dernier vestige de l’uniforme que devaient porter les édiles, rapporte TopTribune.

Si elle semble être un simple bout de tissu tricolore, l’écharpe représente bien plus. Elle incarne l’autorité conférée au maire, l’accompagnant lors de chaque cérémonie officielle, mariage ou inauguration. Il convient de la porter correctement, car un protocole strict régit son usage. Elle peut être enroulée autour de la taille ou drapée sur l’épaule droite. Dans ce dernier cas, « le bleu doit être placé près du col, au contraire des députés et sénateurs qui portent le rouge près du col », précise Diane de Lambert.

Tout le stock d’écharpes de 2020 à écouler

Diane de Lambert n’est pas maire, ni même adjointe, mais sa connaissance sur le sujet est pointue. À la tête de l’Atelier Le Mée à Saint-Grégoire près de Rennes, l’une des rares entreprises à fabriquer ces fameuses écharpes tricolores, elle déclare, « une tradition que l’on fait perdurer mais aussi une fierté ». Cette PME bretonne, célébrant cette année son 70e anniversaire, compte seize employés.

À l’approche du premier tour le 15 mars, le carnet de commandes commence à se remplir. Toutefois, contrainement aux élections précédentes, la situation semble différente cette fois-ci. « D’habitude, c’est le rush à cette période, car on en fabrique plusieurs milliers à chaque élection, souligne Diane de Lambert. Mais cette année, nous n’avons pas relancé la production car nous avons du stock. »

Lors des élections de 2020, l’entreprise avait produit 4 500 écharpes, s’attendant à les vendre facilement aux maires et leurs adjoints élus. Cependant, la crise du Covid-19 a perturbé ces plans. « Nous avons été contraints de fermer l’entreprise et tout s’est arrêté », se souvient la dirigeante.

Un gland doré pour le maire, argenté pour ses adjoints

Depuis, quelques commandes ont été reçues, mais près de 4 000 écharpes restent encore à écouler. « Nous espérons tout vendre cette fois et que les mairies feront appel à nous », insiste-t-elle, soulignant l’origine française de ces écharpes produites en deux tailles. « Certes, il existe des écharpes à bas prix sur Internet, mais on peut douter de leur qualité. Chez nous, la fabrication est réalisée de A à Z dans notre atelier, de l’impression sur un tissu ottoman à la découpe des bandes et à la couture à la main. »

La dernière étape consiste à orner l’écharpe de son pompon, appelé gland à franges, avec un code vestimentaire bien établi. « Il est doré pour les maires et argenté pour les adjoints », précise la dirigeante, qui anticipe « un pic des commandes entre les deux tours ». Enfin, si l’envie de porter l’écharpe de maire vous prend, sachez qu’un particulier peut en acheter une, mais il est interdit de la porter en public, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende.

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