Maxime T’sjoen
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Malgré les récentes tempêtes politiques, La France insoumise (LFI) reste déterminée à se concentrer sur l’élection présidentielle de 2027. En vue de cette échéance cruciale, le parti ne peut pas ignorer les élections municipales de 2026, avec 500 listes candidates, principalement dans les zones urbaines où LFI, sous la direction de Jean-Luc Mélenchon, obtient ses meilleurs résultats. Cette campagne est déjà marquée par l’affaire tragique de Quentin Deranque, militant identitaire tué à Lyon, mais les candidats insoumis ont pour objectif de « prendre massivement place dans les conseils municipaux », déclare Paul Vannier, architecte de la stratégie électorale pour ce scrutin, rapporte TopTribune.
Un changement de stratégie depuis 2020
« Nous aspirons à être présents dans un maximum de communes », précise Vannier, également député du Val-d’Oise. L’objectif est en bonne voie avec 500 listes, dont une majorité dans les territoires urbains. Ce revirement par rapport à 2020 est conséquent, alors que ces élections n’avaient alors « aucune importance » pour LFI, souligne le politiste Rémi Lefebvre. En 2026, « l’action municipale est devenue essentielle », les insoumis soutenant que les communes doivent jouer un rôle clé dans le « projet de révolution citoyenne ».
Les insoumis ont réellement intensifié leurs efforts. Un programme municipal national a été élaboré depuis juin, avec un meeting inaugural à Aubervilliers et un ouvrage sur le communalisme adapté aux idéaux de LFI, accompagnés de parlementaires activement engagés dans cette bataille. « Une vingtaine de députés sont têtes de liste. Une volonté de poursuivre leur engagement », affirme Paul Vannier.
Pré-campagne ?
Jean-Luc Mélenchon joue un rôle actif dans cette campagne, prenant part à plusieurs meetings, dont un à Lyon le 26 février, qui a suscité des controverses sur ses propos liés à Epstein, considérés par certains comme antisémites. « Il est en campagne », conclut Rémi Lefebvre. Bien que LFI soit un mouvement jeune, il s’appuie sur un réseau dense de militants pour sa campagne. Selon Lefebvre, « c’est une mise en route de la force militante », alors que l’élection présidentielle de 2027 s’approche.
LFI a choisi de se présenter sans s’allier avec d’autres factions de gauche, favorisant ainsi une approche stratégique face au Parti socialiste et aux Verts. « Nous ne voulons pas jouer un rôle de force d’appoint dans l’élection », affirme Vannier, tout en précisant que des alliances pourraient être envisagées dans certaines communes, à condition que le programme de LFI soit respecté.
Des risques à prévoir
Pour Rémi Lefebvre, LFI pourrait courir un risque : même si elle parvient à obtenir des sièges dans les conseils municipaux, la reconnaissance de ces victoires demeure essentielle. « S’il n’y a pas deux ou trois villes remportées, ce sera difficile d’expliquer que ce n’est pas une défaite ». Paul Vannier se veut optimiste, affirmant qu’« il nous est possible de gagner dans plusieurs villes, y compris de taille significative ». Des victoires semblent envisageables à Roubaix, La Courneuve ou Évry.
Un climat tendu
La campagne a pris un tournant dramatique suite à l’affaire Quentin Deranque, militant identitaire décédé à Lyon, ayant suscité de vives réactions contre LFI. Aurore Bergé, ministre, a même appelé le Rassemblement national à retirer ses candidats afin de contrer LFI, ce qu’a qualifié Paul Vannier de « bascule fasciste ». Bien qu’il ait subi des menaces et diverses attaques, LFI a réussi à enregistrer 2500 nouveaux adhérents, soutenant la continuité de sa stratégie.
« L’affaire n’a pas bouleversé la dynamique insoumise », analyse Lefebvre, notant que la base militante se renforce. Comme l’a proféré Mélenchon en 2012, « à la fin, cela se termine entre eux et nous ». La détermination de LFI reste intacte en cette période préélectorale.