Des résultats d’un essai clinique de phase Ib/II indiquent qu’un vaccin développé par des chercheurs de la société Nouscom, spécialisée en immunothérapie, pourrait prévenir le cancer chez les personnes atteintes du syndrome de Lynch, rapporte TopTribune.
L’étude, réalisée par des chercheurs du MD Anderson Cancer Center de l’université du Texas, a été publiée le 16 janvier 2025 dans la revue Nature Medicine.
Qu’est-ce que le syndrome de Lynch ?
Le syndrome de Lynch est une maladie génétique causée par une mutation sur l’un des quatre gènes du système MisMatch Repair (MMR), qui répare les erreurs de copie de l’ADN. « Il est essentiel pour maintenir l’intégrité de l’information génétique contenue dans le génome au cours des multiples divisions cellulaires », explique l’Institut national du cancer. Les dysfonctionnements peuvent entraîner une instabilité des microsatellites, augmentant ainsi le risque de cancer.
Une personne sur 300 est touchée par ce syndrome, qui augmente significativement le risque de développer certains cancers, surtout les cancers du côlon, de l’utérus et des ovaires.
« Ces cancers apparaissent généralement prématurément, avant l’âge de survenue habituel dans la population générale. On constate également un risque accru d’autres cancers, dont ceux de l’estomac, de l’intestin grêle, des voies biliaires et urinaires. Cependant, ces risques sont beaucoup plus faibles », déclare le Dr Françoise Desseigne, cancérologue au Centre Léon Bérard et oncogénéticienne spécialiste du syndrome de Lynch.
Selon Orphanet, l’incidence des différents types de cancer varie en fonction du gène touché, du genre et de la population concernée. Le syndrome est à l’origine d’environ 3 % des cancers colorectaux et endométriaux.
Des cibles d’entraînement
Nouscom a conçu le vaccin Nous-209. Ce vaccin d’immunothérapie, basé sur une primo-injection suivie d’un rappel, active le système immunitaire pour reconnaître et éliminer les cellules précancéreuses et les cancers à un stade précoce. Il y parvient en présentant des « cibles d’entraînement » issues des cellules cancéreuses, permettant ainsi au système immunitaire d’identifier et d’attaquer 209 protéines anormales communes aux cancers liés à l’instabilité des microsatellites, tel que dans le syndrome de Lynch.
« Les stratégies actuelles de prise en charge des patients atteints du syndrome de Lynch – dépistages fréquents ou chirurgie préventive – altèrent leur qualité de vie tout en contribuant à prévenir le cancer », souligne le Dr Eduardo Vilar-Sanchez, investigateur principal chez MD Anderson. « Cette thérapie, qui entraîne le système immunitaire à reconnaître et à cibler les cellules anormales, représente une approche prometteuse pour cette population de patients à risque accru de cancers colorectal, de l’endomètre et urothélial. »
Des réponses immunitaires ont été observées chez 100 % des participants, avec une durabilité détectable à un an chez 85 % d’entre eux. Les prochaines étapes consistent à tester le vaccin sur une population plus large et à évaluer la durabilité de la réponse immunitaire.
Source : Inca, Centre Léon Bérard, Nature Medicine, MD Anderson Cancer Centre