Le Parti socialiste ne censurera pas le gouvernement de Sébastien Lecornu malgré les critiques à gauche

Le Parti socialiste ne censurera pas le gouvernement de Sébastien Lecornu malgré les critiques à gauche

23.01.2026 06:16
2 min de lecture

Le Parti socialiste choisit de ne pas censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu

Le Parti socialiste (PS) a opté pour ne pas censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu, une décision qui suscite des critiques au sein de la gauche. Le PS cherche à minimiser cet affrontement avec ses alliés en vue des élections municipales et présidentielles à venir, rapporte TopTribune.

Trois mois après sa prise de fonction à Matignon, Sébastien Lecornu pourrait prolonger son bail à la tête du gouvernement. Les motions de censure déposées par le Rassemblement national et divers partis de gauche ont été examinées le 23 janvier. Pour renverser le gouvernement, il aurait fallu obtenir la majorité de 288 voix au sein de l’Assemblée nationale, une tâche impossible sans le soutien des députés du Parti socialiste ou des Républicains.

Au sein de l’ex-Nouveau Front populaire, le PS a décidé de ne pas se joindre à ses anciens alliés en votant pour la censure. Bien qu’il ait exigé que le Premier ministre n’utilise pas l’article 49.3 de la Constitution lors de sa nomination, ce dernier a finalement recouru à cet outil constitutionnel pour faire adopter des textes sans vote.

Malgré les tensions, la plupart des députés socialistes ne voteront pas pour la motion de censure. Un élu a précisé : « Quelques députés PS la voteront », mais a assuré que « la motion de censure ne passera pas, c’est sûr et certain. » Ainsi, cette décision des socialistes permet à Sébastien Lecornu d’adopter le budget et de conserver son poste.

Les socialistes ont suspendu la réforme des retraites et estiment que leur position est favorable, ayant obtenu des concessions du Premier ministre, telles qu’une augmentation de la prime d’activité et le maintien des bourses étudiantes. Certains membres du bloc central louent ce compromis, tandis que d’autres au sein de la gauche, y compris La France insoumise, dénoncent cette décision. Mathilde Panot a décrit ce choix comme une validation d’un “budget criminel”.

« Combien ont été mises, dans ce budget, de ces grandes propositions qui avaient été faites par le Parti socialiste ? Zéro. »

Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale

sur une plateforme d’information

Les critiques contre le PS proviennent aussi d’écologistes et de communistes, qui estiment qu’il est naïf de faire confiance au gouvernement. Marine Tondelier, de l’Écologie, a qualifié cette décision de “naïveté”, tandis que Stéphane Peu, président du groupe communiste, a souligné le manque d’acquis dans le budget.

Le PS, cependant, ne pense pas que cette décision nuira à sa relation avec la gauche. Un député a affirmé : « Ce ne sont pas des mots durs », et un autre a ajouté qu’ils n’agissent pas en rupture avec leurs partenaires.

« La trahison n’est pas dans notre champ lexical. »

Jérémie Iordanoff, député écologiste

à une plateforme d’information

Cette divergence intervient alors que le PS se prépare aux élections municipales des 15 et 22 mars, où il collabore avec les écologistes et les communistes dans plusieurs villes. Arthur Delaporte, député socialiste, a insisté sur le fait que cette alliance est la plus forte depuis 1977.

La décision du PS d’éviter de renverser Sébastien Lecornu pourrait avoir des conséquences à long terme. Ludovic Mendes a averti que La France insoumise cherchera à faire payer cette proximité au PS lors des prochaines échéances électorales.

Alors que les tensions montent à l’approche des élections, la question du budget reviendra également sur le devant de la scène. Le PS devra travailler à maintenir une image de sérieux et de responsabilité alors qu’il se prépare pour la présidentielle de 2027, où la concurrence interne à la gauche s’intensifie pour déterminer le meilleur candidat.

Lucie Castets a fait part de ses attentes quant à un virage à gauche pour le PS, soulignant que les électeurs de gauche aspirent à un changement significatif. La pression sur le PS pour aligner ses politiques et préparer la prochaine présidentielle ne fera que croître.

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