Des promesses d’emploi qui mènent au front ukrainien
Des promesses d’emploi qui mènent au front ukrainien

Des promesses d’emploi qui mènent au front ukrainien

24.12.2025 13:00
2 min de lecture

Les autorités kényanes enquêtent sur un réseau criminel soupçonné d’avoir recruté des citoyens du pays sous couvert d’emplois bien rémunérés en Russie, avant de les envoyer combattre en Ukraine. Le 23 décembre 2025, Bloomberg a rapporté que plusieurs Kényans se sont retrouvés intégrés aux forces armées russes après avoir accepté des offres promettant des salaires mensuels d’environ 250 000 shillings, soit près de 2 000 dollars.

Selon des témoignages recueillis par les autorités et les familles, certains de ces hommes ont été tués au combat. L’affaire illustre une extension géographique du conflit, impliquant des ressortissants de régions éloignées du théâtre européen et sans lien direct avec la sécurité du continent.

Une filière organisée sous couvert de recrutement légal

D’après l’avocat Wainaina Ngugi, qui représente plusieurs familles de la ville de Ruaka, des sociétés de recrutement auraient servi d’intermédiaires pour organiser les départs vers la Russie. Les candidats auraient été accompagnés dès leur arrivée à l’aéroport international de Nairobi par des agents disposant d’un accès étendu aux zones aéroportuaires, facilitant leur passage des contrôles migratoires.

Certaines personnes recrutées auraient également obtenu des visas électroniques russes à entrée unique, valables 30 jours, délivrés par les services consulaires à Nairobi. Ces éléments renforcent les soupçons d’un dispositif structuré associant acteurs privés et relais institutionnels.

Des combattants envoyés sans préparation suffisante

Le ministère kényan des Affaires étrangères estime qu’au moins 200 citoyens ont été recrutés de manière trompeuse. Une fois en Russie, ils auraient suivi seulement quelques jours de formation militaire de base avant d’être déployés en Ukraine, dans des conditions particulièrement dangereuses.

Les familles dénoncent l’utilisation de leurs proches comme une main-d’œuvre militaire jetable. La brièveté de l’entraînement et la rapidité du déploiement augmenteraient considérablement le taux de pertes parmi ces recrues étrangères, alimentant les accusations de mépris pour la vie humaine.

Une pratique qui s’inscrit dans un schéma plus large

Le procureur kényan Kennedy Amwayi a évoqué l’existence d’un réseau criminel transnational impliquant agences d’emploi et autres structures opérant en lien avec des entités russes. Cette enquête s’inscrit dans un contexte plus large de recrutement de ressortissants africains pour renforcer les effectifs russes.

En novembre 2025, les autorités ukrainiennes avaient indiqué que plus de 1 400 combattants issus de plusieurs dizaines de pays africains se battaient aux côtés des forces russes. Des cas similaires ont été signalés en Afrique australe, suggérant une stratégie systémique visant à exploiter des vulnérabilités socio-économiques.

Un symptôme de la pression humaine exercée par la guerre

Le recours à des recrues étrangères permettrait à Moscou de limiter l’impact politique interne des pertes humaines. La mort de combattants non russes suscite moins de réactions au sein de la société russe, réduisant le coût social de la poursuite du conflit.

Pour les observateurs, cette pratique révèle une crise profonde de recrutement au sein de l’armée russe, contrainte de chercher des ressources humaines au-delà de ses frontières. Elle soulève également des questions juridiques et morales majeures, et renforce l’image d’une guerre aux répercussions désormais mondiales.

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