
Le 22 décembre 2025, le tribunal cantonal de Zoug, en Suisse, a décidé d’examiner en profondeur une plainte environnementale visant Holcim, l’un des principaux producteurs mondiaux de ciment. Cette démarche judiciaire trouve son origine chez quatre habitants de l’île de Pari, en Indonésie, qui estiment que les émissions de CO₂ générées par le groupe participent à l’élévation du niveau de la mer menaçant leur territoire, rapporte TopTribune.
Procès contre Holcim : une décision de recevabilité aux implications économiques
La plainte contre Holcim a franchi un cap décisif avec la validation de sa recevabilité par les instances judiciaires suisses. Le tribunal a rejeté les objections procédurales soulevées par l’entreprise, qui portaient notamment sur des questions de compétence territoriale et de lien de causalité. Selon Reuters, les juges ont jugé que les arguments avancés par les plaignants justifiaient une analyse approfondie, sans pour autant déterminer l’issue finale du litige.
Cette décision fait suite à un processus judiciaire de près de trois ans. La plainte initiale a été déposée en janvier 2023, suivie d’une audience préliminaire en septembre 2025. À ce stade, le tribunal n’a pas statué sur la responsabilité de Holcim, mais il a déclaré que le dossier contenait suffisamment d’éléments pour un jugement sur le fond.
Les accusations portées contre Holcim et les demandes des plaignants
Au cœur du procès, la plainte accuse Holcim de contribuer de manière significative aux émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Les plaignants affirment que les opérations de l’entreprise, en tant qu’acteur majeur dans le secteur du ciment, aggravent le réchauffement climatique et, par conséquent, l’élévation du niveau de la mer, impactant ainsi l’île de Pari. Selon Reuters, l’industrie du ciment est responsable d’environ 7 % des émissions mondiales de CO₂, un chiffre souvent évoqué dans le cadre de cette affaire.
Les habitants de Pari demandent plusieurs formes de réparation. Ils souhaitent obtenir des indemnisations financières, estimées lors des premières étapes de la procédure à approximativement 3 600 francs suisses par personne, soit près de 3 840 euros selon les taux de change récents, d’après les informations rapportées par GoodPlanet. Ils requièrent également la participation de Holcim au financement de mesures d’adaptation locales, visant à contrer l’érosion côtière et les inondations. Enfin, ils insistent sur une réduction plus rapide des émissions du groupe, au-delà de ses engagements actuels.
La position de Holcim face au procès climatique
En réponse à ces accusations, Holcim a développé une stratégie de défense centrée sur sa politique climatique. L’entreprise affirme, d’après Reuters, avoir abaissé de plus de 50 % ses émissions directes de CO₂ depuis 2015, tout en visant la neutralité carbone d’ici 2050. Holcim met également en avant ses investissements dans des technologies visant à diminuer les émissions, incluant l’utilisation de combustibles alternatifs, le captage du carbone et le développement de ciments à empreinte carbone réduite.
Dans le cadre du procès, Holcim conteste également l’existence d’un lien direct entre ses opérations spécifiques et les préjudices subis par les plaignants. L’entreprise argumente que le changement climatique est un phénomène global qui découle de multiples sources d’émissions et ne peut être imputé à un seul acteur industriel. Selon Al Jazeera, la société a annoncé son intention de faire appel des décisions préliminaires jugées défavorables, ce qui pourrait engendrer un allongement de la procédure sur plusieurs années.