Marseille se prépare à un affrontement politique avec l’annonce de la candidature conjointe de Nora Preziosi, l’ex-présidente de 13 Habitat, et d’Erwan Davoux, ancien agent au sein du département des Bouches-du-Rhône, à la mairie lors des prochaines élections municipales. Leur mouvement, baptisé « Marseille pour Tous », se veut apolitique et inscrit dans une dynamique de société civile, rapporte TopTribune.
Ces deux acteurs ne sont pas des inconnus sur la scène politique marseillaise, ayant engagé un bras de fer public contre Martine Vassal, présidente du département et candidate de la droite et du centre. Cette dernière est accusée par Davoux d’avoir mis en place un « système Vassal » scandaleux, qui inclut voyages coûteux et favoritisme dans l’attribution de subventions, accusations qu’elle conteste vigoureusement.
Ciblage politique
Nora Preziosi, qui a été membre du conseil départemental aux côtés de Vassal, a été évincée de son poste à 13 Habitat suite à un rapport de l’Ancols (Agence nationale de contrôle du logement social) dénonçant des « conflits d’intérêts ». Elle rejette ces accusations et dénonce un affrontement politique orchestré pour nuire à sa réputation et l’écarter de la course électorale. « L’objectif était de me salir, de ternir mon image », a-t-elle déclaré en octobre dernier.
De son côté, Erwan Davoux, qui a déposé une plainte contre Vassal, s’est également ouvertement opposé à son offre politique. Dans les pages du Nouvel Obs, il a qualifié les pratiques de l’élue de « clientélisme » et de trafic d’influence, tout en les qualifiant de fictives.
« Méthode violente »
« Ce n’est pas une vengeance contre Martine Vassal, on ne s’engage pas dans une campagne politique par vengeance », a clarifié Erwan Davoux. « Nous voulons rompre avec un système qu’elle symbolise ». Les candidats, issus de parcours différents, ont trouvé un terrain d’entente qui les amène à travailler ensemble pour la campagne, dans le but d’inclure la société civile dans leur projet politique.
Cependant, après l’annonce de sa candidature, Preziosi a été privée de ses fonctions et de l’accès à son bureau, une situation qu’elle estime être une « méthode violente » et une « mesure politique ». Elle argue que ces actions représentent un déni de démocratie à l’égard de ses électeurs.
Pas de commentaires
Du côté de Martine Vassal, le sujet est balayé d’un revers de main. Son porte-parole, Romain Simmarano, a déclaré que chacun a le droit de se présenter, sans faire de commentaires sur la candidature des deux adversaires. « La seule question qui vaille est ce que nous proposons aux Marseillais », a-t-il ajouté.
Malgré les tensions, les protagonistes semblent s’accorder sur un point : l’importance du programme électoral avant les querelles personnelles. « On va se battre pour gagner, nous avons des propositions à faire », a insisté Preziosi. Davoux a pour sa part exprimé le souhait que Marseille soit un lieu de fierté, semblable à ce que représente le stade Vélodrome pour ses habitants. La compétition s’annonce rude.