Myanmar doit libérer tous les prisonniers politiques avant les élections

Myanmar doit libérer tous les prisonniers politiques avant les élections

07.11.2025 09:54
3 min de lecture

La détention d’Aung San Suu Kyi : une situation alarmante pour la démocratie birmane

Aung San Suu Kyi, ancienne dirigeante de facto de la Birmanie, se trouve dans une situation grave après son arrestation consécutive à un coup d’État en février 2021, survenant juste trois mois après des élections libres où elle avait reçu 82 % des voix. Actuellement âgée de 80 ans, elle souffre de problèmes de santé persistants, y compris des maladies cardiaques et des douleurs osseuses. Contrairement à ses précédentes détentions, où elle pouvait communiquer avec sa famille, elle est maintenant emprisonnée dans un lieu inconnu, rapportent TopTribune.

Sa situation est d’autant plus préoccupante qu’aucun membre de sa famille ou ami n’a pu lui rendre visite depuis son incarcération. L’absence de dignité et de justice témoigne de la brutalité du régime militaire dirigé par le général Min Aung Hlaing. Les accusations portées contre elle sont considérées comme fabriquées, et son arrestation se veut un stratagème cynique pour maintenir le pouvoir par la junte.

Les prisons birmanes sont tristement célèbres pour leurs conditions inhumaines, avec des associations de défense des droits humains signalant au moins deux décès par mois parmi les prisonniers politiques. Alors qu’Aung San Suu Kyi subit une privation totale de soins médicaux et de libertés fondamentales, son état de santé suscite de vives inquiétudes quant à sa survie.

L’appel à la défense d’Aung San Suu Kyi et de ses compatriotes n’est pas uniquement personnel ; il s’agit d’une question morale qui touche à la vérité et à la responsabilité de plus de 50 millions de Birmans privés de la parole. Le 8 novembre marque la commémoration d’une décennie depuis sa première élection, au cours de laquelle la junte aspire à organiser des élections frauduleuses en décembre pour légitimer son autorité. Le monde ne doit pas rester muet face à cette situation alarmante.

La campagne de terreur menée par l’armée birmane depuis la prise de pouvoir contre les civils a causé la mort de plus de 6 000 personnes, tandis que 22 000 prisonniers politiques attendent leur relâchement. Les Nations Unies considèrent la situation en Birmanie comme l’une des pires crises humanitaires mondiales, exacerbée par une violence sanctionnée par l’État.

En avril 2021, Min Aung Hlaing s’était engagé lors d’une réunion de l’ASEAN à respecter un consensus en cinq points visant à mettre fin aux violences et à engager un dialogue. Pourtant, ces engagements n’ont jamais été respectés, et les conditions de vie des prisonniers politiques se sont détériorées. Lors du dernier sommet de l’ASEAN, les dirigeants ont réaffirmé que les élections sous contrôle militaire ne seraient pas considérées comme légitimes, soulignant l’illusion d’une « feuille de route » vers la démocratie proposée par la junte.

Si l’ASEAN souhaite jouer un rôle constructif, elle ne doit pas permettre au régime militaire de participer aux réunions régionales comme s’il était un partenaire légitime tout en continuant à réprimer son propre peuple. Le monde doit reconnaître que le régime actuel est en guerre contre sa propre population et que toute légitimité discursive des juntes doit être rejetée.

Cette crise birmane touche également à l’échelle internationale, facilitant le développement de réseaux criminels opérationnels sous la protection de milices liées à l’armée. Selon le FBI, les pertes mondiales liées à la cybercriminalité ont atteint 16,6 milliards de dollars, dont une grande partie provient de la Birmanie. Leur activité criminelle finance la répression sur le terrain et compromet les droits humains.

Un changement significatif nécessite un engagement direct avec les représentants démocratiques de la Birmanie, y compris le gouvernement unifié national (NUG) en exil. Les partenaires internationaux tels que le Japon, l’Inde et les États-Unis disposent des outils nécessaires pour démanteler les réseaux qui soutiennent la junte, et doivent exiger la libération des prisonniers politiques comme condition préalable à toute résolution durable.

L’avenir de la Birmanie devrait se construire autour d’une éthique de respect des droits humains et de détermination à voir les dirigeants légitimes reconnus. La lutte pour la liberté de Aung San Suu Kyi et de la Birmanie ne doit pas s’arrêter ici.

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