Au moins 65 personnes ont également été blessées dans le centre de Barkasat, selon un responsable de la Défense civile dans la bande de Gaza. De son côté, Israël affirme avoir frappé « d’importants terroristes ».
Des tentes réduites en cendres. Selon les autorités du Hamas dans la bande de Gaza, Israël a bombardé dimanche 26 mai un centre pour personnes déplacées près de Rafah, dans le sud de l’enclave. Selon la Défense civile palestinienne, le bilan est d’au moins 40 mort et 65 blessés. L’armée israélienne affirme pour sa part avoir visé un complexe du Hamas dans lequel opéraient « d’importants terroristes ». Voici ce que l’on sait de cette frappe meurtrière.
Au moins 40 morts et un bilan qui risque de s’alourdir
La frappe a eu lieu au camp de personnes déplacées de Barkasat, géré par l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). « Le massacre commis par l’armée d’occupation israélienne dans les tentes de réfugiés dans le nord-ouest de la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, a fait 40 ‘martyrs’ et 65 blessés », a déclaré Mohammed al-Mughayyir, un responsable de la Défense civile dans la bande de Gaza.
Selon le Croissant-Rouge palestinien, cité par le site The Times of Israël, le bilan risque de s’alourdir, ses ambulances ayant transporté « un grand nombre » de personnes blessées lors de l’attaque. Une journaliste de la chaîne publique israélienne Kan relaie sur X des images du camp incendié.
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« Des dizaines et des dizaines de blessés, plus de 180 au total, sont arrivés dans le centre de stabilisation pour la plupart avec des blessures complexes, avec des brûlures étendues », a témoigné lundi sur franceinfo Guillemette Thomas, coordinatrice médicale mission Palestine pour Médecins sans Frontières, qui soutient un « centre de stabilisation » situé près du lieu de la frappe.
Le mouvement islamiste au pouvoir dans l’enclave a dénoncé un « horrible massacre », appelant « les masses de notre peuple en Cisjordanie, à Jérusalem, dans les territoires occupés et à l’étranger à se lever et à marcher avec colère ». La présidence de l’Autorité palestinienne, qui dirige la Cisjordanie occupée, s’insurge également contre « cet atroce massacre perpétré par les forces d’occupation israéliennes », « un défi à toutes les résolutions internationales ».
Israël affirme avoir visé « un complexe du Hamas » et reconnaît avoir touché des civils
L’armée israélienne a de son côté affirmé, dans un communiqué relayé sur X, qu’un de ses avions avait « frappé un complexe du Hamas à Rafah dans lequel opéraient d’importants terroristes », dont deux responsables du mouvement en Cisjordanie, Yacine Rabia et Khaled Nagar.
Selon l’armée israélienne, Yacine Rabia « supervisait toutes les activités terroristes du Hamas en Judée et Samarie [nom donné par Israël à la Cisjordanie], envoyait des fonds à des cibles terroristes et organisait des attaques du Hamas dans toute la région ». Quant à Khaled Nagar, « il transférait des fonds destinés aux activités terroristes du Hamas à Gaza et a également mené plusieurs attaques terroristes au cours desquelles des soldats de Tsahal ont été tués ».
« La frappe a été menée contre des cibles légitimes au regard du droit international, grâce à l’utilisation de munitions précises et sur la base de renseignements précis », a également assuré l’armée israélienne dans son communiqué. Elle a en outre indiqué « avoir connaissance d’informations selon lesquelles plusieurs civils dans la zone ont été blessés ». « L’incident est en cours d’examen », a-t-elle ajouté.
Rafah, ville cible des bombardements d’Israël alors que de nombreux palestiniens s’y sont réfugiés
L’armée israélienne multiplie depuis le 7 mai les opérations pour détruire les derniers bataillons du Hamas à Rafah, ville du sud de la bande de Gaza dans laquelle s’étaient réfugiés de nombreux déplacés internes ayant fui le reste de l’enclave. Les combats s’y sont poursuivis durant le weekend malgré une décision de la Cour internationale de justice (CIJ), vendredi, ordonnant à Israël de suspendre ses opérations dans la ville, où se trouve notamment un point de passage avec l’Egypte essentiel à l’entrée de l’aide humanitaire.
Des frappes dans d’autres zones de Rafah ont aussi été signalées dimanche en fin de journée. L’Hôpital koweïtien a dit avoir reçu les corps de trois personnes, dont celui d’une femme enceinte. L’armée israélienne a de son côté fait état de huit roquettes tirées par le Hamas depuis Rafah, et affirmé avoir bombardé cette ville en riposte.
Une frappe qui pourrait « entraver » les pourparlers de trêve, selon le médiateur qatari
Le Qatar, pays médiateur entre Israël et le Hamas, a mis en garde, lundi, contre que le fait que cette frappe israélienne pourrait « entraver » les pourparlers de trêve à Gaza. « Les bombardements vont compliquer les efforts de médiation en cours et entraver les efforts visant à parvenir à un accord pour un cessez-le-feu immédiat et durable dans la bande de Gaza », s’inquiète le ministère qatari des Affaires Etrangères.
L’Egypte, pays frontalier, a quant à elle condamné un « bombardement délibéré » d’Israël sur ce camp de déplacés. Depuis le Caire, le ministère égytien des Affaires étrangères a appelé dans un communiqué Israël à « mettre en oeuvre les mesures édictées par la Cour internationale de justice concernant une cessation immédiate des opérations militaires » à Rafah.
En France, Rima Hassan, candidate aux élections européennes sur la liste de La France insoumise, appelle sur X à un rassemblement contre les nouveaux bombardements de l’armée israélienne à Rafah, lundi soir à Paris, puis à une marche vers l’ambassade d’Israël.