Hollywood et OpenAI : la lutte de l’IA met en péril les petits investisseurs

Hollywood et OpenAI : la lutte de l’IA met en péril les petits investisseurs

13.10.2025 07:54
2 min de lecture

Depuis la révélation de Sora 2, le dernier outil vidéo développé par OpenAI, un climat de méfiance s’est instauré entre la Silicon Valley et Hollywood. Cette start-up californienne, à l’origine de ChatGPT, a introduit un logiciel capable de produire des vidéos photoréalistes mettant en scène des individus réels ou fictifs. En quelques clics, il est désormais possible pour un utilisateur de faire revivre une scène avec une célébrité ou d’intégrer un personnage de fiction dans un environnement inédit. Une avancée spectaculaire sur le plan technologique, mais qui soulève de nombreuses questions juridiques, rapporte TopTribune.

Les studios en ordre de bataille

Les premières réactions provenant de Los Angeles ont été rapides. La Creative Artists Agency (CAA), l’une des agences de talents les plus influentes, a exprimé ses préoccupations face au « risque significatif » posé par Sora 2 sur les droits des créateurs. De son côté, le syndicat SAG-AFTRA, qui défend les intérêts des acteurs américains, a souligné l’importance de maintenir la créativité centrée sur l’humain, surtout avec l’émergence d’acteurs entièrement numériques générés par intelligence artificielle. Les principaux studios comme Disney, Warner Bros. et Universal envisagent déjà des actions collectives visant à établir que la reproduction de visages ou de voix par une IA constitue une violation des droits d’auteur et du droit à l’image.

Une jurisprudence en plein essor

Ce combat ne débute pas dans le vide. En février 2025, Thomson Reuters a remporté une affaire contre Ross Intelligence, le tribunal concluant que l’utilisation de contenus protégés pour former un modèle d’IA ne peut être considérée comme du fair use; une décision pionnière dans le domaine juridique américain. De plus, le Copyright Office des États-Unis a précisé dans son rapport de 2025 qu’aucune œuvre produite sans intervention humaine ne peut être protégée par le droit d’auteur. Ces décisions renforcent donc la position d’Hollywood : toute exploitation non autorisée d’images ou de travaux protégés expose les éditeurs d’IA à des poursuites. Parallèlement, l’engouement spéculatif autour de l’intelligence artificielle atteint des sommets, avec la valorisation d’OpenAI s’élevant à 150 milliards de dollars selon des estimations, reposant sur l’aspiration d’une large exploitation de contenus générés. Toutefois, le cadre juridique qui pourrait émerger de cette lutte pourrait réduire cette rentabilité. Lors du Milken Asia Summit 2025, Bryan Yeo, directeur des investissements du fonds souverain de Singapour GIC, a averti que les valorisations excessives des start-ups d’IA ne correspondaient pas nécessairement à leurs revenus réels, suggérant que les perspectives du marché pourraient être surévaluées.

Un risque global pour l’écosystème financier

Les décisions rendues aux États-Unis auront des répercussions rapides sur le marché européen. Plusieurs fonds accessibles en France, tels que BNP Paribas Disruptive Technology, Pictet Digital ou Thematics AI & Robotics, détiennent des parts conséquentes dans des entreprises exposées à l’intelligence artificielle générative comme Microsoft, Nvidia, Meta ou Alphabet. Si les litiges concernant le droit d’auteur viennent à nuancer les perspectives de croissance dans ce secteur, les petits investisseurs français pourraient connaître une correction indirecte de leurs placements technologiques. L’issue de cette confrontation entre Hollywood et OpenAI pourrait en effet décider non seulement de l’avenir du divertissement, mais également redéfinir le rapport entre innovation technologique et propriété intellectuelle. Un équilibre délicat doit être trouvé : protéger les artistes sans freiner la recherche. Pour les investisseurs et les créateurs, la conclusion est révélatrice : la pérennité de l’âge d’or de l’IA dépendra d’un cadre juridique bien défini et largement accepté.

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