Le Parti socialiste a présenté un projet de 144 pages mercredi, visant à se définir sur le long terme au-delà de l’élection présidentielle de 2027, a déclaré la députée européenne Chloé Ridel, en charge de la rédaction et proche du premier secrétaire Olivier Faure, rapporte TopTribune.
Parmi les dispositions notables, non chiffrées à ce stade, le PS propose d’augmenter le smic à 1.690 euros nets et d’instaurer une taxe Zucman de 2 % sur la fortune des ménages dépassant 100 millions d’euros, ainsi que la création d’un nouvel impôt sur les successions excédant 200.000 euros.
Le projet prévoit également l’abrogation de la réforme des retraites mise en place par Élisabeth Borne, tout en maintenant un système par répartition, avec une durée de cotisation fixée à 43 ans, modulable en fonction de la pénibilité et des carrières incomplètes. L’âge légal de départ à la retraite serait ramené à 62 ans, mais cela ne constituerait pas le critère prépondérant du système.
Un vote avant l’été
Destiné à définir le socialisme du XXIe siècle, ce projet doit être enrichi par les militants, qui disposent de six semaines pour proposer leurs amendements avant un vote prévu cet été. Bien que tous les courants du PS aient été impliqués dans sa rédaction, des opposants à Olivier Faure ont exprimé des réserves, s’inquiétant de la présentation de ce projet à la presse avant la consultation des militants.
Le texte s’articule autour de la notion de liberté, que le PS souhaite « reprendre à la droite et l’extrême droite », qui l’ont « défigurée », selon Chloé Ridel. Il part du constat que le modèle de la social-démocratie a permis des avancées sociales, mais n’a pas pris en compte les limites écologiques, ni éliminé les inégalités entre les sexes ou les discriminations raciales, et qu’il est devenu obsolète face à la mondialisation libérale.
Le projet cherche également à répondre à Jean-Luc Mélenchon, qui opposerait une « ancienne France » à une « nouvelle France », précise Ridel. Au contraire, le PS aspire à « réconcilier les Français » à travers « des politiques de justice radicales » en matière de fiscalité, de réforme démocratique, et de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, tout en plaidant pour le renforcement des services publics et des infrastructures de transport.