Le Premier ministre esquisse son projet de budget face à des enjeux cruciaux
Sébastien Lecornu, Premier ministre français, a révélé ses premières orientations concernant le projet de loi de Finances lors d’une interview accordée au Parisien le 26 septembre 2025. Le gouvernement sera nommé avant l’ouverture des travaux parlementaires, prévue pour le 1er octobre, rapporte TopTribune.
Dans un contexte marqué par des débats trépidants sur la fiscalité et les réformes sociales, Lecornu a déclaré qu’il présenterait un budget prenant en compte les consultations avec les organisations syndicales, patronales et les partis politiques. Ce budget sera ensuite soumis à débat au Parlement à l’automne.
Je présenterai un budget qui tiendra compte des premières consultations que j’ai eues avec l’ensemble des organisations syndicales et patronales, et des formations politiques. C’est ce budget qui sera ensuite débattu et amendé par le Parlement à l’automne.
Réforme des retraites : un sujet délicat
La réforme des retraites, sujet sensible, fait partie intégrante des préoccupations du gouvernement. Bien que Lecornu ait été vague sur les prochaines étapes, il a reconnu que la réforme de l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne était inachevée, ajoutant que sa suspension « ne réglerait aucun des problèmes ». Il a également promis que des mesures seraient prises pour traiter les préoccupations des travailleurs dans des métiers pénibles.
Dans un climat social volatil, il a affirmé qu’« il était hors de question de préparer un budget d’austérité et de régression sociale ». Lecornu a annoncé une augmentation substantielle des financements pour les retraites et la santé, respectivement six et cinq milliards d’euros.
Concernant la fiscalité, il a exprimé des doutes sur l’efficacité de la taxe Zucman, argumentant qu’elle pourrait pénaliser les actifs professionnels et nuire à la souveraineté économique de la France. « Le gouvernement ne l’envisage pas », a-t-il ajouté au sujet de la réintroduction de l’ISF.
Engagement envers le dialogue social
Lecornu a indiqué vouloir s’attaquer en priorité aux abus liés aux ruptures conventionnelles, soulignant l’importance de la confiance envers le dialogue social comme voie de résolution.
Diminution du train de vie de l’État
Le projet de budget inclura également des réductions significatives du « train de vie » de l’État, visant à économiser six milliards d’euros. Lecornu a mis en avant la nécessité d’une meilleure maîtrise des dépenses sociales et des collectivités territoriales, tout en proposant un projet de loi ambitieux pour lutter contre les fraudes sociales et fiscales qui sera présenté en Conseil des ministres simultanément avec les projets de budget.
Objectif de déficit public maintenu
Enfin, l’objectif d’un déficit public de 3 % en 2029 demeure inchangé. Cependant, pour 2026, le déficit devrait s’élever à environ 4,7 % du PIB, reposant sur la décision de ne pas demander aux Français de renoncer à deux jours fériés sans rémunération. La tâche de Lecornu sera d’identifier des compromis tout en évitant la censure promise par une partie de la gauche.