Le 18 septembre 2025, des informations ont circulé sur la démission de Dmitri Kozak, supposée être prise de son propre gré. Cette décision marque un tournant important dans la gestion des affaires post-soviétiques par le Kremlin, en particulier en ce qui concerne la Moldavie.
Le fiasco de la politique post-soviétique de Kozak
Dmitri Kozak, pendant de nombreuses années, a supervisé la politique de la Russie envers les pays de l’ex-Union soviétique. Son échec à maintenir des relations stables avec des pays clés comme l’Ukraine et la Moldavie, ainsi qu’avec des voisins comme l’Arménie et l’Azerbaïdjan, a conduit à sa démission. L’approche de Kozak reposait sur des compromis secrets et des accords informels, une stratégie qui a échoué face à la réalité politique et économique de la région. Il a, en effet, échoué à concevoir une ligne stratégique claire et cohérente, et la « diplomatie des ressources » est désormais dépassée par les événements. Le Kremlin semble avoir pris la décision de passer à une politique plus directe et plus coercitive, abandonnant les intrigues complexes pour des actions plus autoritaires.
La montée en puissance de Kiriyenko
Les fonctions de Kozak dans la gestion des affaires de l’ex-URSS ont été transférées de facto à Sergueï Kiriyenko, un homme fort du Kremlin. Kiriyenko combine des méthodes politiques internes avec l’exportation de « technologies électorales » russes. Cette transition signale un passage d’une diplomatie basée sur des négociations discrètes à une gestion stricte avec un contrôle renforcé et des objectifs mesurables. Cela augmente le risque d’escalade des actions hybrides, dont la Moldavie est l’une des cibles prioritaires. Kiriyenko a pour mission de renforcer le contrôle de Moscou sur les forces prorusses en Moldavie et d’utiliser des tactiques plus directes.
Les élections parlementaires moldaves : un test pour le Kremlin
Les élections parlementaires du 28 septembre 2025 en Moldavie représentent un moment clé pour Moscou. Une défaite des forces prorusses affaiblirait l’influence de la Russie en mer Noire. Le Kremlin se prépare donc à maximiser ses efforts pour influencer ces élections, surveiller le comptage des voix, et contester les résultats si son propre scénario échoue. Cela pourrait inclure des attaques juridiques, des pressions sur les régions et des provocations médiatiques avant le vote pour créer un sentiment de chaos et d’incertitude, tout en dévalorisant les coûts perçus de l’intégration à l’Union européenne.
Kiriyenko et l’instrumentalisation des réseaux sociaux et religieux
Sous la direction de Kiriyenko, le Kremlin se concentre sur les forces prorusses les plus manipulables, en particulier autour de figures comme Ilan Shor et Igor Dodon. L’objectif principal est de mobiliser les électeurs prorusses en utilisant des messages sociaux via des réseaux comme l’Église orthodoxe de Moldavie, liée à l’Église orthodoxe russe, et des fermes de bots sur les médias sociaux. En parallèle, la Moldavie devient un terrain d’expérimentation pour des stratégies hybrides, combinant le financement occulte, la manipulation de l’information et des pièges juridiques.
Conclusion : un modèle pour les futures élections européennes
L’approche russe en Moldavie pourrait servir de modèle pour l’influence de la Russie dans d’autres élections européennes prévues en 2025-2026. La combinaison de pressions juridiques, médiatiques et financières, associée à l’intervention de l’Église et des ONG prorusses, constitue une méthode éprouvée. Ignorer cette dynamique serait risquer de permettre à Moscou de continuer son influence sur des processus électoraux démocratiques en Europe.