L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État

L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État

12.09.2025 12:44
3 min de lecture

Bolsonaro condamné à une peine d’emprisonnement de 27 ans pour tentative de coup d’État

L’ancien président du Brésil, Jair Bolsonaro, a été condamné jeudi à 27 ans et trois mois de prison par la Cour suprême du pays pour avoir tenté de rester au pouvoir malgré sa défaite lors de l’élection de 2022. Cette décision marque un tournant historique dans la justice brésilienne, puisqu’elle constitue la première fois qu’un ancien président est jugé pour des accusations liées à un coup d’État, rapporte TopTribune.

Bien que le Brésil ait déjà condamné d’anciens présidents, ce verdict met en lumière les tentatives sans précédent d’un leader déchu d’inverser les résultats des élections dans un pays ayant connu au moins 15 coups d’État ou tentatives depuis la fin de la monarchie en 1889.

Le juge en chef, Luís Roberto Barroso, a qualifié cette décision de « moment charnière dans l’histoire du Brésil ». La condamnation de Bolsonaro, populiste d’extrême droite âgé de 70 ans, approfondit la polarisation déjà présente dans le pays. Celui-ci a constamment nié les accusations de coup d’État, dénonçant le procès comme une persécution politique. Ses partisans ont manifesté dans les rues de Brasília, Rio de Janeiro et São Paulo pour protester contre le verdict et contre le gouvernement actuel, tandis que d’autres villes ont vu des manifestations de soutien à l’actuel président Luiz Inácio Lula da Silva.

La condamnation a également suscité des réactions aux États-Unis. Le président Donald Trump, qui a appelé Bolsonaro un ami et qualifié sa poursuite de « chasse aux sorcières », a trouvé la décision de la Cour suprême brésilienne « surprenante ». Trump a déclaré : « Je pensais que c’était un bon président. C’est très semblable à ce qu’ils ont essayé de faire avec moi, mais ils n’ont pas réussi. »

Bolsonaro, connu sous le nom de « Trump des Tropiques » pour ses similitudes avec le président américain, a souvent mis en avant leur amitié et leur lutte politique commune. Trump a utilisé son influence pour aider ses alliés, y compris Bolsonaro, tout en faisant face à ses propres batailles juridiques pour des interférences dans les élections de 2020.

Le fils de Bolsonaro, Eduardo, un législateur en congé au Brésil, a déménagé aux États-Unis plus tôt cette année pour demander au gouvernement américain et aux Républicains d’intervenir dans l’affaire de son père. Le secrétaire d’État Marco Rubio a critiqué le juge Alexandre de Moraes après la condamnation, en affirmant que les persécutions politiques se poursuivent et que les États-Unis réagiront en conséquence.

Les charges retenues contre Bolsonaro

Bolsonaro, ancien capitaine militaire et président du Brésil de 2019 à 2022, a été reconnu coupable de cinq chefs d’accusation, y compris la tentative de coup d’État et la participation à une organisation criminelle armée. Les procureurs ont détaillé que, suite à sa défaite face à Lula, Bolsonaro et ses alliés avaient encouragé leurs partisans à envahir Brasília le 8 janvier 2023, ce qui a entraîné des destructions dans les bâtiments gouvernementaux.

La condamnation s’inscrit dans le cadre d’une enquête qui a débuté suite à une déclaration du procureur général Paulo Gonet Branco, face à des actions présumées visant à préserver le pouvoir de Bolsonaro, y compris des tentatives de manipuler les résultats des élections. Pendant son procès, Bolsonaro a nié être le chef d’une tentative de coup d’État, bien qu’il ait admis que lui et ses proches avaient envisagé des « alternatives constitutionnelles » pour conserver le pouvoir.

La décision a été prise par cinq membres de la Première Chambre de la Cour suprême, qui ont reconnu que les actions de Bolsonaro avaient sapé les principes démocratiques. Cependant, un juge a voté pour acquitter Bolsonaro de toutes les charges, arguant qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves contre lui.

L’avenir de Bolsonaro après la condamnation

Actuellement, Bolsonaro est en résidence surveillée, mais sa condamnation n’implique pas qu’il sera immédiatement incarcéré. Son équipe juridique a l’intention de faire appel. Le verdict pourrait également inciter les alliés de Bolsonaro au Congrès brésilien à rechercher une forme d’amnistie pour lui, alors que Bolsonaro envisage de se présenter à nouveau aux élections contre Lula malgré une interdiction de se présenter à des fonctions publiques jusqu’en 2030.

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