Un monument controversé sera inauguré samedi par le maire LR de Saint-Raphaël (Var), Frédéric Masquelier. Une stèle sera dédiée aux victimes du « totalitarisme communiste », située à côté de deux plaques commémoratives existantes, l’une pour les martyrs de la Résistance et l’autre pour les Juifs de France. La date de l’inauguration, le 23 août, a été choisie pour coïncider avec la commémoration des « victimes de tous les régimes totalitaires et autoritaires », rapporte TopTribune.
« Il faut mettre fin à un mensonge savamment entretenu depuis des décennies sur la réalité du totalitarisme communiste », a déclaré le maire. Il a poursuivi en affirmant que « c’est l’idéologie en elle-même qui porte les germes du totalitarisme, et chaque fois qu’elle a été mise en œuvre, elle a conduit aux pires dictatures, bien longtemps après Staline. Dès que l’État se substitue à l’individu, il ne peut fonctionner qu’avec un appareil répressif ».
Masquelier a ajouté : « Le parti communiste met souvent en avant les résistants ou les héros de la Seconde Guerre mondiale. Oui, c’est une réalité, mais cela ne doit pas dissimuler l’idéologie, les héros ne doivent pas cacher les bourreaux ».
Réactions du Parti communiste
Le Parti communiste, de son côté, exprime son indignation. Pierre Daspre, secrétaire départemental du PCF dans le Var, évoque un « amalgame ». « Pourquoi le maire de Saint-Raphaël s’en prend-il soudainement aux communistes ? Il sait très bien que nous avons depuis longtemps dénoncé les crimes de Staline », a-t-il déclaré, qualifiant cette initiative de « petite opération politicienne » à quelques mois des élections municipales. Ce département, traditionnellement à droite, a vu le Rassemblement national remporter sept circonscriptions sur huit lors des dernières législatives, y compris celle de Saint-Raphaël.
Pour faire entendre leur désaccord, le PCF, soutenu par d’autres mouvements de gauche, la CGT, Attac et la LDH, a prévu de manifester devant la mairie durant la cérémonie, qui débutera à 18 heures.
Les communistes varois ont également adressé une lettre au préfet, demandant de bloquer la délibération prévue samedi matin en conseil municipal pour la pose de cette stèle. En réponse, le représentant de l’État a indiqué qu’il ne pouvait « interdire a priori un projet de délibération qui n’a pas encore été voté, le contrôle de légalité s’exerçant a posteriori », tout en restant « attentif aux risques d’ordre public associés ».