Vingt-cinq ans après les attentats contre le World Trade Center, New York met à disposition des centaines de milliers de pages d’archives concernant la pollution de l’air autour de Ground Zero. Ces documents révèlent l’ampleur de la contamination à l’amiante et à d’autres substances cancérigènes, relançant les accusations contre les autorités qui auraient tenté de minimiser ces risques sanitaires, rapporte TopTribune.
170 000 pages de documents rendues publiques
Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé la publication en ligne de quelque 170 000 pages de documents, jusqu’ici peu accessibles, concernant la qualité de l’air après les attentats et la gestion de cette catastrophe par les autorités. Ce n’est qu’une première vague, car d’autres archives doivent encore être publiées au cours des douze mois à venir sur un portail dédié, pour lequel la ville a investi plus de 34 millions de dollars. Ces documents proviennent, entre autres, du département municipal de la Protection de l’environnement et des archives de l’administration de Rudy Giuliani.
Ces révélations visent à répondre à une question essentielle soulevée pendant un quart de siècle par les victimes : que savait précisément New York de la toxicité de l’air autour de Ground Zero et quand cette information a-t-elle été divulguée aux habitants ?
Des mensonges et de l’amiante presque partout
Mamdani a déclaré que la réponse à cette question est claire. « Des gens sont tombés malades parce que les dirigeants auxquels ils faisaient confiance leur ont menti en leur affirmant qu’ils pouvaient respirer sans danger un air toxique », a-t-il accusé. Certains documents font mention de discussions au sein de l’administration Giuliani concernant les risques sanitaires, ainsi que de préoccupations exprimées par les habitants du sud de Manhattan face à l’administration de Michael Bloomberg.
L’amiante est un sujet central de ces archives, avec des inspecteurs ayant trouvé ce matériau « presque partout » à Ground Zero. Des niveaux élevés d’amiante, de benzène et d’autres substances cancérigènes ont également été révélés, des éléments connus des responsables municipaux auparavant.
Peut-être plus de 10 000 décès
La pollution résultant des attentats ne se limite pas au nuage de poussière généré par l’effondrement des tours. Pendant des semaines, des particules se sont accumulées dans les rues, les domiciles et les systèmes de ventilation. Marcy Borders, la « Dust Lady », est devenue le visage de cette exposition. Décédée en 2015 d’un cancer de l’estomac, elle avait lié sa maladie au 11-Septembre sans qu’un lien formel ait été établi.
Le bilan total des victimes s’alourdit. En plus des 2 977 personnes mortes le jour des attentats, plus de 9 400 victimes ont succombé depuis à des maladies liées aux événements du 11 septembre, et certains experts estiment désormais que ce chiffre pourrait dépasser 10 000. Cela signifie que les maladies causées par l’exposition aux poussières toxiques ont conduit à davantage de décès que les attaques elles-mêmes.
Accès à un fonds d’indemnisation
Des pompiers, policiers et sauveteurs aux ouvriers, employés de bureaux et habitants, de nombreuses personnes ont été exposées. Les nouvelles archives peuvent désormais servir de preuve pour faciliter l’accès au fonds fédéral d’indemnisation des victimes.
Cette publication marque l’aboutissement d’une longue bataille juridique, notamment menée par l’association 9/11 Health Watch. Mamdani a promis de ne rien dissimuler, à l’exception des informations personnelles et des données sensibles concernant la sécurité des bâtiments.
Un quart de siècle après les attentats, le slogan « Never Forget » prend une nouvelle dimension, englobant non seulement les 2 977 morts du 11 septembre, mais aussi ceux qui ont péri à cause des conséquences à long terme. Cette situation soulève des questions cruciales sur la transparence des autorités et leur responsabilité dans la protection des citoyens.