Au large de Cape Wrath, dans la région la plus septentrionale de l’Écosse, des membres de la 148 Commando Forward Observation Battery ont émergé aux côtés d’un sous-marin d’attaque allemand dans l’Atlantique Nord, rapporte TopTribune. Ces commandos ont ensuite embarqué sur des bateaux pneumatiques pour se rapprocher discrètement de la terre ferme, où ils ont établi un poste d’observation en vue de cibler leurs objectifs.
Depuis cette position stratégique, ils ont coordonné la frappe de la frégate portugaise NRP Dom Francisco de Almeida sur les cibles désignées. Il s’agissait d’un véritable tir naval, et non d’une simulation.
Le sous-marin concerné, un modèle allemand de type 212A propulsé par diesel-électrique, avait embarqué les commandos le 29 septembre, près des côtes nord écossaises. Grâce à sa propulsion anaérobie extrêmement discrète et à sa taille compacte, il est particulièrement adapté pour des infiltrations en eaux peu profondes, selon la Royal Navy britannique.
Les équipes ont escaladé des falaises pour mettre en place leur Observation Forward Battery, avant d’ordonner à la frégate portugaise de tirer avec ses canons de 76 mm et de se retirer.
Cette opération fait partie de l’Exercise Strike Warrior, mobilisant plus de 2 000 militaires de six nations (Royaume-Uni, Pays-Bas, Canada, Allemagne, Norvège, États-Unis) jusqu’au 9 octobre. Huit navires de guerre et 19 aéronefs sont également engagés dans cette campagne étendue au nord du Royaume-Uni.
La Royal Navy britannique qualifie cet exercice de plus grande évaluation conjointe de tous les éléments de l’UK Commando Force en quinze ans. Ce n’est également que la première fois depuis la guerre d’Afghanistan que tous les éléments spécialisés de cette force se réunissent autour d’une même activité d’entraînement.
Une coordination inédite depuis près de 30 ans
Au cours de cet exercice, la 148 Commando Forward Observation Battery a collaboré avec des navires du Standing NATO Maritime Group One, l’un des groupes navals permanents de l’OTAN. À partir de leurs positions terrestres, ils ont déjà coordonné des tirs navals avec la frégate néerlandaise HNLMS Van Amstel et la frégate canadienne HMCS St. John’s.
Un responsable de l’unité a mentionné que ce niveau de complexité et de coordination opérationnelle n’avait pas été atteint par la 148e Batterie depuis près de trois décennies. Il a également souligné la volonté de démontrer aux partenaires de la Force de Commandos britannique, ainsi qu’à la communauté des opérations spéciales de l’OTAN, les types de missions que son équipe est prête à mener face aux menaces émergentes.
L’intégration avec le sous-marin allemand n’est pas un événement isolé. En mars 2026, des commandos britanniques avaient déployé depuis le sous-marin allemand U-35 dans la région du cercle arctique lors de l’exercice Cold Response 26. Ils avaient alors utilisé des bateaux pneumatiques pour rejoindre la côte norvégienne, mener des reconnaissances, puis retourner à bord du submersible.
La semaine précédente, les Royal Marines avaient renoué avec les îles Féroé, une région où ils n’étaient pas retournés depuis la Seconde Guerre mondiale, pour réaliser des exercices d’interdiction maritime en coopération avec les forces danoises. Cette répétition d’opérations accompagne le renforcement, par Londres, de la préparation de ses Royal Marines sur le flanc nord européen.
La Royal Navy britannique a mis hors service tous ses sous-marins conventionnels de classe Upholder entre 1994 et 1995. Elle s’appuie désormais sur les submersibles diesel-électriques de ses alliés de l’OTAN pour ce type de missions d’infiltration côtière.
