À quelques jours de la COP31, prévue à Antalya en Turquie du 9 au 20 novembre, 146 chercheurs de 30 pays ont publié le dixième rapport annuel du « Lancet Countdown » dans la revue médicale britannique The Lancet. Le constat est alarmant : les réponses actuelles restent largement insuffisantes face à la menace que représente le changement climatique pour la santé des populations, note Science et Vie. Les chercheurs appellent ainsi à déclarer une urgence sanitaire mondiale, rapporte TopTribune.
Entre 2016 et 2023, la chaleur a été liée à une moyenne de 540 800 décès par an, selon le rapport. Les chercheurs soulignent que 68 % de ces décès sont directement attribuables au changement climatique, une augmentation par rapport aux 55 % de la décennie précédente. Le rapport examine un total de 54 indicateurs différents, chacun illustrant l’étendue de ces bouleversements climatiques sur les populations. Par exemple, la chaleur a engendré des pertes de revenus de 1 070 milliards de dollars, touchant particulièrement l’Asie et l’Afrique. Par ailleurs, les sécheresses et les pluies extrêmes montrent une progression inquiétante.
Un dispositif « coordonné »
« Ce n’est pas une aggravation progressive, c’est un changement de palier », a déclaré Marina Romanello, directrice exécutive du Lancet Countdown à l’University College London (UCL), qui dirige ce projet en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les scientifiques appellent à reconnaître le changement climatique comme une urgence sanitaire mondiale. Cela impliquerait la création d’un « dispositif d’intervention d’urgence » coordonné entre les États, semblable à celui instauré en cas de pandémie, permettant ainsi de « mettre en œuvre une réponse cohérente à long terme ». Dans ce contexte, des stratégies d’adaptation et de mitigation efficaces deviennent cruciales pour faire face aux défis croissants posés par le climat.
En outre, le rapport souligne que l’impact du changement climatique ne se limite pas seulement aux questions de santé, mais affecte également les économies. Des événements climatiques extrêmes entraînent des perturbations considérables dans l’agriculture, exacerber les crises alimentaires et faire grimper les coûts de la vie. Les coûts liés à la santé et à la productivité sont des préoccupations majeures pour les gouvernements, qui doivent désormais envisager des investissements significatifs dans l’infrastructure durable et les systèmes de santé.
Le rapport du Lancet Countdown rappelle aussi que la résilience des systèmes de santé doit être au cœur des priorités politiques. Parallèlement, les chercheurs interpellent les décideurs sur la nécessité de conforter les engagements internationaux pour stabiliser le climat, notamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Des politiques audacieuses et des engagements renforcés sont nécessaires pour éviter des scénarios catastrophiques à l’avenir.
À l’approche de la COP31, il sera crucial d’évaluer les actions entreprises par les pays signataires des accords climatiques précédents. Les manquements à ces engagements pourraient avoir des conséquences désastreuses non seulement pour la santé publique, mais aussi pour la stabilité économique et environnementale à l’échelle mondiale. Ce rapport constitue un appel urgent à agir pour contrer les effets du changement climatique sur notre société.
En termes d’initiatives, plusieurs pays commencent déjà à expérimenter des approches innovantes pour lutter contre le changement climatique. Des investissements dans les énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique et la mise en œuvre de technologies propres sont autant de mesures indispensables pour réduire notre empreinte carbone. Toutefois, ces efforts doivent être soutenus par un cadre politique fort et une coopération internationale, car le changement climatique illustre la nécessité d’une réponse collective.
Finalement, alors que le monde se prépare à la COP31, le rapport du Lancet Countdown met en lumière les défis pressants auxquels nous faisons face en matière de santé et d’environnement. Il établit clairement que la réponse à ces défis nécessite non seulement des mesures d’urgence, mais aussi une vision à long terme qui intègre la durabilité au cœur de nos stratégies de développement. Les prochaines discussions à Antalya seront donc déterminantes pour aligner les objectifs de santé publique et de justice sociale avec les actions climatiques nécessaires à la préservation de notre planète.
