Le mercredi 11 novembre marquera les 500 jours d’emprisonnement du journaliste Christophe Gleizes en Algérie, une réalité douloureuse pour sa famille. Son frère Maxime et sa grand-mère Georgette témoignent de leur souffrance. À 102 ans, Georgette craint de ne jamais revoir son petit-fils, incarcéré pour des accusations de « apologie du terrorisme » et « possession de publications nuisibles à l’intérêt national », rapporte TopTribune.
Christophe Gleizes, originaire d’Agen, a été condamné à sept ans de prison le 29 juin 2025, après son arrestation en mai 2024 alors qu’il préparait un reportage sur la JS Kabylie. Son incarcération est liée à des échanges avec un ancien dirigeant du club, membre d’un mouvement indépendantiste, des allégations qui soulèvent des préoccupations sur la liberté d’expression et les droits des journalistes en Algérie.
« La détresse est de plus en plus grande »
La famille de Gleizes endure une souffrance incessante. « Il y a eu beaucoup de montagnes russes. J’avais beaucoup d’espoir, mais je vois que le dossier s’embourbe. La détresse est de plus en plus grande », admet Maxime Gleizes, assis dans le salon familial à Boé. Sa positive absence est devenue une source constante de douleur pour ses proches.
Georgette Belle n’a pas vu son petit-fils depuis deux ans et demi. À son âge, elle n’a pas l’énergie de voyager en Algérie. « J’aimerais bien le voir avant de mourir, mais je suis très fatiguée. À 102 ans, je sais que mes jours sont comptés », déplore-t-elle, espérant un miracle inespéré. La grâce présidentielle d’Abdelmadjid Tebboune reste son seul espoir de revoir Christophe avant la fin de sa peine.
Maxime a pu visiter son frère trois fois en prison, chaque rencontre durant une demi-heure, et attend avec impatience d’obtenir un visa pour une quatrième visite. « J’ai fait une nouvelle demande il y a deux mois, mais je n’ai toujours pas eu de réponse », se plaint-il.
Des messagers des nouvelles de l’extérieur
Ces visites sont des moments cruciaux pour maintenir leur lien. « Nous partageons des nouvelles de la famille, bonnes et mauvaises. Je vais devoir lui annoncer la mort d’un de ses meilleurs amis, ce qui est toujours difficile à gérer », explique Maxime. Bien que leurs échanges soient limités, ils tentent d’évoquer la réalité du monde tout en évitant les sujets sensibles comme son procès et les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie.
Chaque entrevue se termine rapidement, presque tragiquement. Lorsqu’il est temps de partir, les deux hommes échangent des signes de réconfort, mais sont séparés par une vitre qui empêche tout contact physique. « À chaque visite, je pensais que c’était la dernière. Je suis pris de court par le temps qui passe », confie Maxime.
« Le président de l’Algérie aimerait-il être dans notre situation ? »
En détention, Christophe a établi une routine pour passer le temps, entre lectures, parties d’échecs et visionnage de matchs. Maxime, lui, se débat avec l’absence de son frère, qu’il tente de retranscrire dans son travail de comédien. « J’essaie d’y voir un lien avec mes expériences, la pièce que j’ai jouée récemment parle de l’oubli et de l’absence », explique-t-il.
Christophe partageait un lien particulier avec sa grand-mère, avec qui il conversait régulièrement. « Le soir, je pense beaucoup à lui. Je n’ai pas une grande foi, mais je fais des prières. Le président algérien a des petits-enfants, aimerait-il être à notre place ? », s’interroge Georgette. Elle sait que, malgré le silence extérieur de Christophe, sa douleur intérieure est incommensurable.
À ce jour, Christophe Gleizes est le seul journaliste français emprisonné dans le monde, une situation qui soulève des questions pressantes sur la liberté de la presse et les droits humains.
