
Le GIE Cartes Bancaires a l’intention d’étendre l’accès aux retraits d’espèces en magasin à tous les 77 millions de porteurs de cartes CB dès 2026. Jusqu’à présent, le cashback offert par certains commerçants était limité à des réseaux spécifiques. Les premiers tests pour cette accessibilité généralisée ont commencé en 2025, avec la participation de La Banque Postale et du Crédit Agricole, rapporte TopTribune.
En plus de cette avancée, il existe déjà de nombreuses alternatives pour retirer de l’argent sans utiliser une carte dans un lecteur, toutefois, ces options demeurent largement ignorées par le public.
Applications mobiles bancaires : un réflexe pertinent
Plusieurs grandes banques en France ont mis en place des solutions qui permettent d’effectuer des retraits à des distributeurs via les téléphones mobiles. Par exemple, la Banque Populaire propose le service SM@RT’retrait : l’utilisateur peut générer un code électronique à neuf chiffres depuis l’application, choisir le montant à retirer et le compte à débiter, puis entrer ce code au distributeur avec un code personnel à quatre chiffres. Selon MoneyVox, ce jeton est valide pendant 24 heures, et sa préparation peut se faire jusqu’à cinq jours à l’avance. Un avantage important est que cette opération ne prend pas en compte le plafond habituel de la carte.
Le CIC et le Crédit Mutuel proposent un service similaire appelé E-Retrait, qui génère un numéro virtuel à dix chiffres valable pendant 48 heures, complété par un code envoyé par SMS lors du retrait. Bien que le service soit gratuit, des limites s’appliquent : les montants doivent être compris entre 20 € et 200 € (par tranche de 20 €), avec une seule transaction autorisée par jour et un maximum de deux par mois et quatre par an.
La Caisse d’Épargne a également un mécanisme analogue, utilisant un code à neuf chiffres envoyé par SMS et un code secret défini lors de l’inscription.
Pour les utilisateurs possédant Apple Pay ou Google Wallet, une autre possibilité s’offre à eux : il suffit d’approcher le téléphone d’un lecteur sans contact d’un distributeur compatible, de valider l’opération par une empreinte ou une reconnaissance faciale, puis de saisir le code PIN de la carte. Bien que tous les automates en France ne soient pas encore équipés de lecteurs NFC, le réseau continue de se développer.
Les limites des offres dématérialisées
Récemment, BoursoBank et Hello bank ! ont lancé des formules basées uniquement sur une carte numérique intégrée aux portefeuilles mobiles. L’objectif est d’éliminer la nécessité de produire et d’envoyer une carte plastique, permettant ainsi de réduire les coûts de ces offres, voire de les proposer gratuitement.
Cependant, le revers de la médaille est que sans une carte physique, il est impossible d’effectuer des retraits dans un distributeur classique. La majorité écrasante des automates en France requiert encore l’insertion d’une carte ou le passage par un service bancaire spécifique.
Le Crédit Agricole a néanmoins adopté une approche différente avec la nouvelle version de son offre Eko, qui est entièrement dématérialisée et sans frais. Les clients peuvent se rendre au guichet d’une agence avec une pièce d’identité pour effectuer un retrait d’espèces. Cependant, il est important de noter que les retraits effectués au guichet sont considérés comme des opérations spécifiques et sont généralement facturés au minimum 3 € par transaction, selon les caisses régionales. Pour ceux qui retirent fréquemment de l’argent, les frais peuvent rapidement annuler les économies réalisées sur l’absence de cotisation.
De plus, des options en dehors du réseau bancaire traditionnel existent. Par exemple, la néobanque Nirio permet de retirer de l’argent chez des buralistes partenaires en utilisant un QR Code généré par l’application, avec une limite fixe de 500 € par semaine. Selon l’offre, les utilisateurs peuvent bénéficier de deux retraits gratuits par mois pour l’offre Compte Plus, après quoi un coût de 1 € s’applique pour chaque retrait supplémentaire.
Sur le plan législatif, une proposition adoptée fin 2025 vise à augmenter le plafond du cashback de 60 € à 150 €, accompagnée d’incitations fiscales pour les commerces participants. La future directive européenne DSP3 envisage encore plus de liberté, autorisant les retraits en magasin même sans achat au préalable, jusqu’à 150 €. Son application complète n’est pas prévue avant fin 2026.
Par ailleurs, quatre banques ont fusionné leurs réseaux de distributeurs sous la marque Cash Services : BNP Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel et CIC. Leur ambition est de dépasser les 6 000 points d’accès d’ici fin 2026, intégrant agences, gares et centres commerciaux. Pour leurs clients, les retraits en euros y seront gratuits, peu importe la banque d’origine de l’automate.
Enfin, une recommandation s’applique à tous ces systèmes : assurez-vous d’activer le service de retrait mobile auprès de votre banque tant que vous disposez encore de votre carte. En cas de perte ou de confiscation de la carte par un distributeur, certaines activations peuvent nécessiter une authentification renforcée ou un délai de sécurité, rendant un accès immédiat impossible.