Des violences croissantes ont marqué le week-end en Europe, avec des manifestations à Milan, Tirana et Madrid, illustrant un mécontentement social généralisé. En Italie, des affrontements ont éclaté lors d’une manifestation contre le coût de la vie, rappelant des scènes similaires observées en France. Les images des émeutes à Milan et ailleurs ont suscité des interrogations sur l’efficacité des forces de l’ordre, rapporte TopTribune.
Champ de bataille à Milan
À Milan, le centre historique s’est transformé en véritable champ de bataille samedi dernier. Une manifestation rassemblant plusieurs milliers de personnes a dégénéré sur la place du Duomo, où des groupes de jeunes, souvent masqués, ont affronté les forces de l’ordre. Ils ont lancé des bouteilles, des pétards et d’autres projectiles sur les policiers, entraînant des dégradations de vitrines, des pillages de commerces et des destructions de mobilier urbain.
Les violences se sont intensifiées le dimanche suivant, surtout dans le quartier de la cathédrale. Un supermarché sur la Via Torino a été gravement endommagé. L’utilisation de gaz lacrymogènes et de canons à eau par la police a été nécessaire pour disperser les foules. Selon l’agence Ansa, plus de 200 personnes ont été amenées dans des postes de police, bien que ce chiffre ne corresponde pas au nombre total d’arrestations.
Le maire de Milan, Giuseppe Sala, a exprimé sa préoccupation face aux vandalismes et a souligné l’anxiété croissante des habitants. La Première ministre Giorgia Meloni a condamné les violences et a programmé une réunion consacrée à la sécurité pour répondre à la situation. Cependant, les troubles se sont également propagés à Turin, Bologne et Bergame, bien que les niveaux de violence et de destruction varient d’une ville à l’autre.
En Albanie : six jours de colères
En Albanie, les manifestations prennent une tournure politique, avec des appels au départ du Premier ministre Edi Rama depuis le 13 octobre. Les étudiants et les citoyens protestent contre le coût des études, la détérioration de l’éducation et la corruption dans un contexte de chômage élevé. Ces mobilisations s’inscrivent également dans un mouvement anti-touristique concernant un projet controversé sur la côte albanaise.
Le samedi, le cinquième jour de manifestations, Tirana a de nouveau été le théâtre de violences. Des véhicules et des poubelles ont été incendiés, des barricades érigées, et plusieurs bâtiments, y compris un tribunal et des banques, ont été attaqués. En réponse à ces agressions, les forces de police ont utilisé des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des balles en caoutchouc pour contrôler la situation.
Le lendemain, les affrontements se sont poursuivis devant le ministère de l’Éducation et dans les rues principales de Tirana, où un commissariat a été enflammé et le siège du Parti socialiste a été dégradé. Selon le ministère de la Santé, 28 personnes ont été blessées ce jour-là, dont 19 agents de police. Le gouvernement a rapporté un total de 272 blessés depuis le début des manifestations, dont 169 policiers. Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence.
Edi Rama refuse de démissionner et déclare faire face à une ingérence extérieure. La Commission européenne a exprimé sa condamnation des violences, tout en soulignant l’importance d’une réponse policière proportionnée. Avec son statut de candidate à l’adhésion à l’Union européenne, l’Albanie fait face à des enjeux complexes entre sécurité et confiance politique.
En Espagne : l’occupation de la Puerta del Sol
En Espagne, la contestation s’est manifestée par l’occupation de la Puerta del Sol à Madrid, les militants y ayant installé des campements pour demander des mesures contre l’augmentation des loyers et les expulsions. Bien que des émeutes aient éclaté à Valence début octobre, les violences du week-end semblent être moins graves comparativement à celles observées à Milan ou Tirana.
Dans d’autres pays tels que le Portugal, la Belgique et la Grèce, des mobilisations ont été centrées sur des questions de revenus, d’éducation et de logement, avec des niveaux de tension variés.
Au-delà des vitrines brisées et des affrontements, cette vague de violences souligne un malaise sociétal plus profond. Au cours des derniers mois, dans divers pays, de la pauvreté au manque de perspectives, des jeunes manifestants ont dénoncé la corruption et la hausse du coût de la vie. Cette « révolte de la Génération Z » ne constitue pas un mouvement unifié mais reflète un sentiment partagé de ne pas être écouté ni pris en considération.
