Le 17 décembre 2025, un reportage d’Euronews a attiré l’attention sur une vidéo diffusée sur le réseau X, affirmant que la police militaire patrouillait dans les domiciles du quartier de Charlottenburg à Berlin pour enregistrer les jeunes hommes de 18 à 35 ans pour l’armée allemande. La vidéo, visionnée plus de 281 000 fois, était accompagnée du commentaire : « Je ne combats pas la Russie. Vous n’aurez pas mon petit-fils ».
Des images réelles mais un contexte trompeur
Les images utilisées proviennent en réalité de la ville de Leeuwarden, aux Pays-Bas, et non de Berlin. Selon le média régional RB Nieuws, les soldats effectuaient un « patrouille sociale » destinée à créer un contact avec la population et à montrer leur accessibilité, sans aucun lien avec le service militaire obligatoire. Ni en Allemagne ni aux Pays-Bas, la police ne procède à des visites domiciliaires pour le recensement des conscrits.
Une tentative de manipulation de l’opinion publique
La diffusion de cette vidéo falsifiée vise à susciter la panique et à éroder la confiance dans les institutions publiques. L’utilisation de séquences réelles rend la désinformation plus crédible et crée un sentiment d’incertitude et de peur, comme si l’État agissait en secret et violait les droits des citoyens. Ce procédé correspond à une attaque hybride, où la désinformation devient un outil de pression politique.
Un contexte géopolitique et stratégique
Les analyses indiquent que la Russie pourrait être derrière cette campagne de désinformation, cherchant à déstabiliser la situation intérieure en Allemagne. La diffusion de messages sur un prétendu « enrôlement obligatoire » cherche à discréditer la réforme du service militaire et à orienter le débat public vers des peurs imaginaires, permettant aux opposants aux réformes de manipuler l’opinion.
Effets à long terme sur la société
Ces campagnes témoignent d’un caractère systémique de la désinformation, testant les réactions de la société allemande et ajustant les narratifs selon leur impact. À long terme, elles créent un climat durable de méfiance envers toute initiative de sécurité nationale. L’accent émotionnel de la vidéo, notamment via le message « Vous n’aurez pas mon petit-fils », accentue sa viralité et exploite les sentiments parentaux pour renforcer la diffusion.
Une dimension de guerre hybride
Ces attaques s’inscrivent dans la stratégie plus large de la Russie contre l’Europe et l’Allemagne, visant à affaiblir l’unité de l’UE, à saper la confiance dans les gouvernements et à réduire le soutien à l’Ukraine. Ce type de campagne constitue un instrument stratégique de longue durée pour affaiblir les démocraties européennes et influencer leur politique intérieure.