La France insoumise sous presión après l’agression mortelle à Lyon
Une semaine après la mort de Quentin Deranque, passé à tabac par des militants antifascistes à Lyon, une marche se tient samedi 21 février en son hommage. Soutenue par l’ultradroite, la manifestation a reçu vendredi l’aval des autorités. Du côté des partis politiques, la France insoumise et son député Raphaël Arnault sont attaqués par leurs partenaires de gauche, mais aussi par des ministres du gouvernement, et surtout, par la droite et l’extrême-droite. Tous les ingrédients semblent réunis pour que cette séquence profite au Rassemblement national, rapporte TopTribune.
Jordan Bardella, président du RN, a organisé une conférence de presse mercredi 18 février, lançant un double message : d’une part, il déclare que « l’extrême gauche tue » et la tient responsable du climat de violence en France, et d’autre part, il assure que le RN « n’a aucun lien avec des groupuscules violents ». Toutefois, cette déclaration omet la réalité des chiffres, puisque ces dix dernières années, les agressions à caractère politique proviennent principalement de la droite radicale.
Bardella passe également sous silence les liens, certains récents, entre des membres de son parti et l’ultradroite. Dimanche, plusieurs cadres du RN ont été aperçus en manifestation devant la Sorbonne aux côtés de militants des Natifs, issus de Génération identitaire, un mouvement dissous en 2021 pour ses actions violentes et ses incitations à la haine.
Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, nie toute responsabilité de son parti dans la mort de Deranque, tandis que Bardella en profite pour accentuer ses attaques. À moins d’un mois des municipales, il appelle à un « cordon sanitaire » pour freiner la montée des insoumis dans les mairies. Un proche de Marine Le Pen évoque « un vrai moment politique », soulevant des interrogations sur les bénéfices que pourrait tirer le RN de cette situation, la réponse étant attendue après le second tour des élections.
Néanmoins, en attaquant continuellement la France insoumise, le RN court peut-être un risque. À long terme, il pourrait perdre son meilleur adversaire, Jean-Luc Mélenchon, que Marine Le Pen et Bardella espèrent affronter au second tour de la présidentielle. Un membre de l’état-major du RN résume cette stratégie : « Il faut faire perdre des points aux insoumis sans pour autant les empêcher d’accéder au second tour. Si j’étais cynique, je vous dirais qu’il faut les toucher sans les couler. » Un stratège du parti, issu de la gauche, reste cependant optimiste : « Cette séquence ne va pas achever la France insoumise. Le parti va sans doute souffrir aux municipales, mais il se relèvera. »