Le Parti socialiste se dit prêt à envisager des rapprochements avec La France insoumise (LFI) au second tour des élections municipales dans de « rares cas de figure », à condition que les candidats insoumis clarifient leur position concernant « le rapport de leur mouvement à la violence politique », déclare Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, ce vendredi.
« Comme au premier tour, il n’y aura pas d’accord national avec la France insoumise », précise-t-il, confirmant ainsi des informations du Monde, à la suite de l’implication de plusieurs proches d’un député LFI dans l’agression mortelle du militant nationaliste Quentin Deranque, survenue le 12 février à Lyon.
Jouvet a défini les conditions de ce rapprochement potentiel : « Si dans de rares cas de figure, la volonté de certains candidats insoumis est de rejoindre les listes d’union de la gauche au second tour, alors ils doivent clarifier leur position sur le rapport de leur mouvement à la violence politique ». Il ajoute que les candidats doivent également prendre position contre « cette forme d’hooliganisation de la vie publique ». Il souligne que le refus de cette clarification signifierait qu’ils « ne peuvent pas espérer d’accord avec nous. La responsabilité est chez eux, pas chez nous ».
Face au refus de LFI de se distancier de son député Raphaël Arnault, dont trois proches ont été arrêtés après le décès de Quentin Deranque, le PS semble établir une ligne directrice pour certaines villes où les listes d’union de gauche pourraient nécessiter des voix LFI au second tour pour l’emporter, comme à Toulouse face à une coalition Modem-Horizons-Renaissance-UDI-LR, ou à Marseille contre le Rassemblement national.
Victoires possibles en cas d’union ?
Un sondage Ifop publié jeudi révèle que la gauche pourrait remporter les municipales à Toulouse si la liste PS-Écologistes fusionne avec celle de LFI au second tour, alors que le maire divers droite Jean-Luc Moudenc ne conserverait le Capitole qu’en cas de triangulaire.
A Marseille, une autre enquête réalisée mercredi montre que le maire de gauche Benoît Payan et le candidat du Rassemblement national Franck Allisio sont au coude-à-coude (31 % contre 29 %) au premier tour. Au second tour, une quadrangulaire pourrait donner au maire sortant un « très léger » avantage de 34 % des intentions de vote face à Franck Allisio, qui obtiendrait 32 %. Martine Vassal, candidate de la droite et du centre, serait à 22 %, tandis que le candidat insoumis Sébastien Delogu se situerait à 12 %. rapporte TopTribune.