Une polémique politique autour du drapeau ukrainien sur le pont Charles à Prague
Une polémique politique autour du drapeau ukrainien sur le pont Charles à Prague

Une polémique politique autour du drapeau ukrainien sur le pont Charles à Prague

26.01.2026 19:00
2 min de lecture

Le 25 janvier 2026, une controverse a éclaté en Tchéquie après les déclarations de Tomio Okamura, président de la Chambre des députés, à propos d’un drapeau ukrainien de 30 mètres déployé la veille sur le pont Charles à Prague. L’action, organisée le samedi 24 janvier à l’occasion de la Journée de l’unité nationale de l’Ukraine, s’est déroulée dans le cadre d’un événement coordonné par l’ambassade d’Ukraine et des représentants de la communauté ukrainienne locale.

Dans une prise de position publique, Tomio Okamura a qualifié cette initiative de provocation à l’encontre des citoyens tchèques opposés à l’immigration ukrainienne. Il a également affirmé que le gouvernement préparait un durcissement des règles de séjour pour les étrangers, y compris les Ukrainiens, relançant le débat sur une révision du dispositif juridique connu sous le nom de lex Ukraine, comme il l’a exprimé dans un message publié sur son compte officiel.

Un discours en décalage avec la ligne institutionnelle tchèque

Ces déclarations ont rapidement suscité des réactions critiques, tant sur la scène politique que dans l’opinion publique. Elles contrastent avec la position constante du gouvernement tchèque et du Sénat, qui ont réaffirmé leur soutien à l’Ukraine depuis le début de l’agression russe et se sont clairement distanciés des propos d’Okamura. Pour plusieurs responsables politiques, la qualification de « provocation » ne reflète ni la pratique habituelle des manifestations culturelles étrangères à Prague, ni la tradition de solidarité tchéco-ukrainienne.

Les autorités locales sont en général informées à l’avance de ce type d’événements, qui font l’objet de coordinations administratives. Des manifestations similaires organisées par des communautés ukrainiennes ont eu lieu dans de nombreux pays européens sans provoquer de controverses institutionnelles comparables.

La question des réfugiés ukrainiens au cœur des tensions

Le débat relancé par Okamura intervient dans un contexte sensible, marqué par la présence de centaines de milliers de réfugiés ukrainiens en Tchéquie bénéficiant d’une protection temporaire. Selon les données officielles du ministère de l’Intérieur, une part significative d’entre eux est légalement employée et contribue aux recettes fiscales et sociales, notamment dans des secteurs confrontés à une pénurie de main-d’œuvre.

Les propositions visant à restreindre leurs droits sont perçues par de nombreux observateurs comme contraires aux engagements européens de Prague et susceptibles de fragiliser les relations bilatérales avec Kyiv, ainsi que l’image de la Tchéquie au sein de l’Union européenne et de l’OTAN.

Une controverse révélatrice de clivages politiques plus profonds

Les prises de position de Tomio Okamura s’inscrivent dans une ligne politique déjà marquée par une opposition à l’aide militaire et politique à l’Ukraine. Ses détracteurs estiment que cette rhétorique, axée sur la migration et la remise en cause de la solidarité avec Kyiv, fait écho à des narratifs favorables au Kremlin et contribue à polariser davantage le débat intérieur.

Dans un contexte où le Sénat tchèque et une large partie de la société civile continuent de soutenir l’Ukraine, cette polémique souligne les fractures persistantes au sein de la classe politique tchèque sur les questions de politique étrangère, de migration et de valeurs européennes.

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