Dépistage innovant de la maladie d’Alzheimer : une méthode prometteuse
Une étude, publiée dans la revue Nature Medicine, réalisée par l’Institut américain Banner Health (Phoenix, Arizona) en collaboration avec l’École de médecine de l’Université d’Exeter (Angleterre), offre la première évaluation à grande échelle d’une méthode innovante pour dépister la maladie d’Alzheimer, rapporte TopTribune.
Traditionnellement, cette pathologie neurodégénérative est confirmée par des examens d’imagerie cérébrale ou des analyses du liquide céphalo-rachidien, des méthodes qui s’avèrent invasives et coûteuses. Les chercheurs se sont intéressés à un procédé beaucoup plus simple : un prélèvement de sang réalisé au bout du doigt.
Des résultats impressionnants
Le projet DROP-AD, initié dans sept centres médicaux européens, a permis d’examiner cette technique de prélèvement sur 337 participants. L’analyse a démontré que les niveaux de p-tau217, un biomarqueur crucial d’Alzheimer, obtenus via cette méthode correspondaient aux résultats des tests sanguins standard, permettant d’identifier les changements reliés à la maladie d’Alzheimer avec une précision de 86 %.
Deux autres marqueurs, GFAP et NfL, ont également été mesurés avec succès, vérifiant leur concordance élevée avec les tests traditionnels.
Un autre élément positif pour les chercheurs est que les participants ont pu réaliser eux-mêmes leurs prélèvements, sans assistance. Cette autonomie pourrait faciliter les tests à domicile, qui pourraient ensuite être envoyés par courrier aux laboratoires, sans nécessiter de réfrigération. Cela ouvre la voie à un dépistage précoce et accessibles de la maladie.
Au-delà d’Alzheimer
Cette méthode montre aussi un potentiel pour des recherches concernant d’autres maladies, notamment la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques ou la maladie de Charcot. La détection et la mesure précises des neurofilaments (NfL), qui constituent un biomarqueur clé de la neurodégénérescence, en sont à l’origine.
Cependant, les scientifiques notent qu’il est nécessaire d’effectuer des recherches supplémentaires et une validation significative avant toute utilisation clinique. Ils mettent en garde que cette méthode ne sera pas prête pour un déploiement à grande échelle dans l’immédiat.