Malgré les efforts diplomatiques des États-Unis, du président ukrainien Volodymyr Zelensky et des dirigeants de l’Union européenne, la Russie a maintenu en 2025 une trajectoire d’escalade militaire en Ukraine. Les attaques répétées contre des zones habitées et des infrastructures essentielles ont continué de façon systématique, renforçant les inquiétudes sur les méthodes employées par Moscou dans la conduite du conflit.
Selon des données vérifiées par la mission de surveillance des droits humains des Nations unies, au moins 2 311 civils ont été tués et 11 084 blessés entre janvier et novembre 2025, soit une hausse de 26 % par rapport à la même période de 2024. Les dix premiers mois de l’année ont déjà dépassé le bilan civil total de l’année précédente, la quasi-totalité des victimes se trouvant sur des territoires sous contrôle ukrainien, tandis que l’accès limité aux zones de combats laisse présager un bilan réel plus lourd.
Des destructions massives d’infrastructures civiles
Les frappes russes ont provoqué une dégradation rapide de la situation humanitaire. En 2025, plus de 44 000 immeubles résidentiels ont été détruits, ainsi que des centaines d’écoles, de jardins d’enfants et d’hôpitaux. Plusieurs gares ont également été touchées, perturbant les évacuations et l’acheminement de l’aide humanitaire.
Les autorités ukrainiennes et les organisations internationales estiment que ces attaques visent à semer la peur au sein de la population civile, à accroître les flux de réfugiés et à limiter l’accès aux soins médicaux et à l’éducation. L’impact social de ces destructions s’inscrit dans la durée et fragilise la résilience du pays.
Un système énergétique gravement affaibli
La campagne de frappes contre les infrastructures énergétiques s’est intensifiée au cours de l’année. Les quinze grandes centrales thermiques du pays ont été endommagées ou détruites, réduisant leur part dans le mix énergétique d’environ 23 % à près de 5 %. En parallèle, la moitié des capacités hydroélectriques et près de 60 % de la production de gaz ont été perdues.
La capacité installée de l’Ukraine, estimée avant-guerre à environ 56 gigawatts, n’atteignait plus que 13 à 18 gigawatts fin 2025. Le réseau tient grâce à l’énergie nucléaire, aux importations et aux réparations d’urgence, mais de nouvelles attaques font craindre un effondrement énergétique aux conséquences humanitaires majeures.
Les dénégations constantes de Moscou
Le ministère russe de la Défense affirme que les frappes ciblent exclusivement des objectifs militaires, accusant l’Ukraine d’utiliser des sites civils à des fins militaires. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, soutient que la Russie ne vise pas les infrastructures civiles et qualifie les accusations de provocations ou de désinformation.
Cette position est relayée par la diplomatie russe, notamment par la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, qui attribue les dégâts civils aux systèmes de défense aérienne ukrainiens. Ces déclarations contrastent toutefois avec des données vérifiées, y compris des images satellites et des témoignages, qui indiquent le caractère non discriminé de certaines frappes.
Une responsabilité rejetée au plus haut niveau
Lors d’une intervention publique en 2025, le président russe Vladimir Putin a déclaré que la Russie ne se considérait pas responsable des pertes humaines, affirmant ne pas être à l’origine de la guerre. Cette ligne officielle confirme l’absence de reconnaissance des faits d’agression et des conséquences humanitaires du conflit.
Moscou rejette par ailleurs les évaluations des organisations internationales, les qualifiant de biaisées. Aucune preuve indépendante n’a été fournie pour étayer les allégations d’un usage militaire systématique des infrastructures civiles touchées.
Des réactions internationales jugées insuffisantes
La communauté internationale a multiplié les déclarations de condamnation. Les Nations unies ont exprimé à plusieurs reprises leur profonde préoccupation face aux violations des droits humains et aux attaques contre les civils, sans toutefois annoncer de mesures coercitives nouvelles. L’Union européenne poursuit sa politique de sanctions et de soutien financier à Kiev, tout en excluant toute implication militaire directe.
Certaines prises de position ont toutefois suscité des critiques, notamment celles du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, qui a récemment déclaré que les responsabilités dans le déclenchement du conflit restaient floues. Des analystes occidentaux estiment que cette retenue collective contribue à encourager l’escalade russe et l’élargissement des cibles.
Une crise humanitaire et sécuritaire durable
L’analyse des frappes de 2025 montre une stratégie de pression continue sur la population et les infrastructures ukrainiennes, malgré les initiatives diplomatiques en cours. Cette dynamique accroît les risques d’aggravation de la crise humanitaire et de déstabilisation régionale.
Sans réponse internationale plus ferme, les observateurs préviennent que les attaques contre les civils et les infrastructures critiques pourraient se poursuivre, compromettant durablement la sécurité énergétique et humaine de l’Ukraine et pesant sur la stabilité européenne.