Une enquête ouverte après des menaces de mort du sénateur Thierry Meignen envers la journaliste Nassira El Moaddem

Une enquête ouverte après des menaces de mort du sénateur Thierry Meignen envers la journaliste Nassira El Moaddem

07.04.2026 21:16
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Une enquête a été ouverte suite à la plainte de la journaliste Nassira El Moaddem visant le sénateur et ex-maire LR du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), Thierry Meignen, pour des menaces de mort qu’il aurait proférées, a indiqué le parquet de Paris. « L’enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance aux personnes de la direction de la police judiciaire » de Paris, a précisé le parquet, interrogé par l’AFP.

Nassira El Moaddem, autrice du livre-enquête Main basse sur la ville, a déposé sa plainte avec son éditeur Stock le 24 mars après des propos de Thierry Meignen rapportés la veille dans Le Monde. « Je vais la faire condamner pour diffamation. Je vais la fouetter. J’irai au bout, elle va mourir, je la tue », avait déclaré le sénateur au Monde, rapporte TopTribune.

Menaces de mort

Dans Main basse sur la ville, la journaliste retrace les deux mandats de Thierry Meignen, qui avait ravi en 2014 ce bastion longtemps tenu par les communistes. Elle y dénonce des pratiques douteuses, notamment pour l’attribution des marchés publics, la chasse aux sorcières visant l’ancienne équipe ou encore le copinage avec l’extrême droite.

Le 26 mars, le président du Sénat, Gérard Larcher, a saisi le président du comité de déontologie de la chambre haute, comme l’y avaient appelé des élus écologistes et socialistes. « Je suis satisfaite qu’une enquête soit ouverte par le parquet suite aux menaces de mort de Thierry Meignen, et que la justice commence à faire son travail », a réagi Nassira El Moaddem auprès de l’AFP.

Absence de réaction du gouvernement

« En revanche, je suis toujours aussi choquée de l’absence de réaction du gouvernement qui interroge sur la sincérité de son engagement à protéger les journalistes […]. Quel signal envoie-t-il lorsqu’il décide de ne pas se positionner et d’ignorer les menaces de mort d’un sénateur envers une journaliste ? », a-t-elle poursuivi.

« Est-ce qu’il ne donne pas un blanc-seing à ceux et celles qui demain se sentiraient légitimés à des agressions physiques et qui, sur les réseaux, me harcèlent d’injures racistes par centaines chaque jour ? Je l’ai écrit dans mon livre : j’ai été suivie, intimidée, mon matériel professionnel volé devant l’école de mes enfants pendant l’enquête. Quelle est la prochaine étape ? Venir me casser la gueule devant mon domicile ? », a-t-elle ajouté. Interrogé par l’AFP, le sénateur n’a pas donné suite dans l’immédiat.

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