Poursuivie en diffamation par les époux Macron après avoir exploité la fausse information selon laquelle la femme du président serait « née homme », l’influenceuse Candace Owens ne peut être tenue responsable à titre personnel. Voici ce qu’a jugé mercredi un magistrat de l’État américain du Delaware, rapporte TopTribune.
L’action en justice d’Emmanuel et Brigitte Macron contre les deux sociétés de la blogueuse américaine d’extrême droite est toutefois valide et peut continuer, a tranché le juge Sheldon Rennie dans sa décision mardi. Candace Owens, qui ne devrait donc pas avoir à subir de conséquences négatives sur ses biens propres en cas de victoire judiciaire du couple Macron, s’est dite « extrêmement reconnaissante » après ce jugement d’étape.
Délai de prescription de trois mois
Le juge Rennie a également estimé que les Macron étant français, le délai de prescription applicable en droit français pourrait s’appliquer. En cas de diffamation, celui-ci est de trois mois révolus à compter de la commission des faits. Mais il peut être étendu à un an pour des propos à caractère raciste, sexiste, homophobe ou lié au handicap. Avant de trancher, le magistrat a donc demandé aux parties de présenter leurs arguments sur la prescription. S’il retient finalement le délai de trois mois, les époux Macron pourraient être déboutés.
Le président français et sa femme avaient lancé ces poursuites en diffamation à l’été 2025, en affirmant que Candace Owens leur avait causé « un tort considérable et irréparable ». Cette infox sur Brigitte Macron, qui resurgit régulièrement en France sur les réseaux sociaux depuis la première élection de son mari en 2017, a prospéré à l’étranger. C’est en particulier le cas aux États-Unis, où la podcasteuse s’en est emparée en mars 2024, lui donnant un écho mondial depuis janvier 2025 par une série de vidéos intitulée « Becoming Brigitte » ( « Devenir Brigitte »).
Une campagne
Dans leur plainte devant un tribunal du Delaware, les avocats du couple présidentiel affirment que Candace Owens avait pleinement conscience de la fausseté de ces allégations. Selon eux, elle aurait systématiquement rejeté toutes les demandes de rectification, persistant dans sa « campagne de diffamation » pour « gagner en notoriété et faire de l’argent ».
Selon cette fausse information, très relayée en France par des mouvances mêlant complotistes, covido-sceptiques ou d’extrême droite, Brigitte Macron, née Trogneux, n’aurait jamais existé. C’est son frère, Jean-Michel, qui aurait pris cette identité après avoir changé de sexe.
