Célébrations de la Saint-Sylvestre à travers le monde
À l’approche de minuit le 31 décembre, les rituels des célébrations du Nouvel An commencent. Certains sont bruyants—feux d’artifice, feux de joie, assiettes brisées. D’autres sont plus discrets—écrire des vœux, couper des fruits, allumer des bougies—des gestes symboliques visant à façonner l’année à venir, rapporte TopTribune.
À travers le monde, le réveillon du Nouvel An n’est pas seulement un moment de fête, mais aussi de symbolisme : des gestes destinés à favoriser la fortune, à repousser la malchance ou à imposer un certain ordre dans l’incertitude d’une année qui commence. Bien que les toasts au champagne et les comptages soient prédominants dans de nombreuses célébrations, les traditions révèlent des croyances beaucoup plus anciennes concernant la chance, l’abondance, et le renouveau.
Briser des grenades et des assiettes
En Grèce, briser des grenades contre les portes symbolise l’abondance ; plus il y a de graines qui se répandent, plus la chance et la prospérité sont espérées.
Au Danemark, les fêtards brisent des assiettes et des plats à la porte de leurs amis et voisins. Certains affirment que cela permet de laisser l’agression et la malchance derrière, d’autres croient que cela attire la bonne fortune—plus le tas de morceaux brisés est grand, plus on sera chanceux.
En Irlande, les familles préparent du pain de Noël et le frappent contre les murs et les portes pour chasser les esprits malins et inviter les bons.
Manger pour la chance
Au Japon, l’année se termine avec des nouilles toshikoshi soba—des « nouilles traversant l’année »—dont les longues brins de sarrasin symbolisent l’endurance et la longévité.
Au Brésil, les amateurs de prospérité se tournent vers les grenades, en mettant sept graines dans leur poche ou leur sac pour attirer la chance.
Les Néerlandais célèbrent la veille du Nouvel An avec des oliebollen, des boules de pâte frites dont les racines remontent aux rites anciens des mi-hivers germaniques. Selon la tradition, manger ces pâtisseries grasses offrait une protection contre la redoutable déesse Perchta, qui punissait ceux qui ne mangeaient pas pendant Yule.
Manger pour l’abondance
En Estonie, l’abondance est prise au pied de la lettre : les convives mangent sept, neuf ou douze repas—des chiffres considérés comme chanceux—pour attirer la prospérité. Laisser un peu de nourriture sur l’assiette est également courant, comme offrande aux esprits des ancêtres.
En République tchèque, les fortunes ne sont pas lues dans les feuilles de thé, mais dans les pommes. Si le cœur du fruit révèle une étoile, cela annonce la santé et la bonne fortune. En revanche, un cœur en forme de croix prédit qu’une personne à la fête tombera malade.
S’habiller pour la destinée
Aux Philippines, beaucoup portent des vêtements à pois et dressent des fruits ronds sur les tables de fête pour invoquer la richesse et la bonne chance, car les formes arrondies ressemblent à des pièces de monnaie et sont considérées comme symboles de prospérité. Typiquement, douze fruits ronds sont servis, représentant les douze mois de l’année. Les couleurs des fruits ont également leur importance : le vert et le violet symbolisent la prospérité, tandis que le jaune représente le bonheur.
Rentrer avec ses proches
Au Chili, les familles accueillent le Nouvel An avec ceux qui ne sont plus là. Dans la ville de Talca, les résidents allument des bougies sur les tombes et tiennent une messe de minuit dans les cimetières, permettant aux proches, vivants et défunts, d’entrer ensemble dans la nouvelle année. Cette tradition remonterait à 1995, après qu’une famille a passé le réveillon au bord de la tombe de leur père décédé.
Brûler l’année écoulée
Dans certaines régions d’Amérique latine, d’immenses feux de joie illuminent les quartiers alors que des effigies représentant « l’ancien an » sont brûlées pour purifier la malchance et faire place à de nouveaux commencements. Appelés « monigotes » en Équateur et « muñecos » au Panama, ces effigies de taille humaine, fabriquées avec de vieux vêtements, de la sciure et remplies de pétards, représentent souvent des figures politiques ou de la culture pop, parfois des figures impopulaires. À d’autres moments, elles incarnent des problèmes plus généraux ou les tracas de l’année écoulée. Cette pratique serait censée chasser le mauvais et faire de la place pour le nouveau.
Des traditions variées, des croyances universelles
Une tradition populaire en Russie le soir du Nouvel An consiste à écrire un vœu, à brûler le papier, à verser les cendres dans un verre de champagne, et à le boire avant la première minute de la nouvelle année. Si la boisson est terminée avant que l’horloge n’indique 12h01, il est cru que le vœu se réalisera.
En Écosse, les célébrations de Hogmanay s’étalent sur plusieurs jours dans des villes comme Édimbourg, où d’immenses fêtes de rue et des feux d’artifice illuminent Princes Street. Une partie de la coutume, connue sous le nom de « première marche », veut que la première personne à franchir le seuil de votre maison après minuit apporte des cadeaux symboliques de bonne chance.
Le jour du Nouvel An, beaucoup en Écosse plongent dans des eaux glacées, vêtus de costumes loufoques, dans le cadre du Loony Dook, ce qui signifie « plongée des lunatiques. » Cette tradition a été initiée par trois amis à la fin des années 1980, comme un moyen de guérir leur gueule de bois après les célébrations de Hogmanay. L’événement le plus important a lieu à South Queensferry à l’ouest d’Édimbourg, mais cette tradition a pris de l’ampleur dans d’autres parts de l’Écosse.