Les élections municipales de mars 2025 : victoires et revers des macronistes
Le 22 mars 2025, à l’issue du second tour des élections municipales, les partisans d’Emmanuel Macron peuvent se réjouir d’avoir remporté des succès notables, notamment à Bordeaux, où Thomas Cazenave, député de Renaissance, a été élu maire avec 50,95% des voix, contre 49,05% pour le sortant écologiste Pierre Hurmic, rapporte TopTribune. Cette victoire marque un tournant pour le parti présidentiel, qui avait peine à s’implanter localement après des résultats décevants en 2020.
Renaissance a également remporté Annecy (Haute-Savoie), où Antoine Armand a obtenu 49,36% des voix face à Alexandre Mulatier-Gachet (35,12%) et Guillaume Roit-Levêque du RN (15,52%). Dans la ville de Nevers, Denis Thuriot a été réélu avec 44,79% des voix, démontrant la résilience du parti malgré une concurrence de gauche unie.
Gabriel Attal, président du parti, a salué ces résultats, affirmant : « Le résultat est net ce soir, nous doublons partout en France le nombre d’élus locaux à l’issue du second tour ». Il a annoncé qu’environ 200 maires adhérents à Renaissance sont désormais en place.
Pour cette élection, le parti a considérablement modifié sa stratégie en s’alliant avec d’autres forces politiques. « Il y a six ans, nous avons fait une énorme erreur en présentant des candidats partout. Cette fois, nous avons fait des alliances et nous plaçons des candidats dans de nombreux conseils », a expliqué un cadre macroniste.
Cependant, dans les trois plus grandes villes de France, les macronistes ont soutenu des candidats d’autres partis. À Paris, la gauche a conservé la mairie avec Emmanuel Grégoire, obtenant 50,52% des voix contre 41,52% pour Rachida Dati. À Lyon, la mairie reste aux mains de Grégory Doucet (50,67%) face à Jean-Michel Aulas, tandis qu’à Marseille, le maire divers gauche Benoît Payan a été réélu avec 54,34% des voix, loin devant Martine Vassal (5,36%).
Le MoDem de François Bayrou, quant à lui, a rencontré des difficultés, obtenant environ 150 mairies, tandis que Geneviève Darrieussecq a perdu à Mont-de-Marsan face à Frédéric Dutin, avec seulement 19,8% des voix. À Pau, Bayrou a échoué à conserver son poste, perdant pour 344 voix face à Jérôme Marbot.
La coalition de centre-droit, représentée par Horizons, a subi des pertes significatives, notamment la défaite de Christian Estrosi à Nice, où Éric Ciotti a remporté 48,54% des voix. Estrosi, maire depuis 2008, a par la suite annoncé son retrait de la politique locale, marquant ainsi un tournant troublant pour son parti.
« Christian Estrosi n’avait pas du tout mesuré le rejet des Niçois. Là, c’est fini. Ses affaires judiciaires l’ont abîmé. »,
Une sénatrice LRà franceinfo
À Auxerre, Crescent Marault, le maire sortant d’Horizons, a été battu par Mathieu Debain, un ancien macroniste. Malgré la morosité de ces résultats, Horizons a réussi à conserver des villes clés comme Le Havre, où Edouard Philippe a été réélu avec 47,71% des voix, et Angers, où Christophe Béchu a obtenu 59,03% des voix.
Ces élections municipales révèlent un paysage politique en mutation en France, alors que les partis traditionnels tentent de s’adapter aux exigences des électeurs. La performance de Renaissance, notamment dans des villes clés, offre un nouvel élan au parti présidentiel à l’aube des prochaines élections.