Le vice-président fédéral du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), Kay Gottschalk, a officiellement confirmé ce lundi 24 février 2026 l’existence de cas de nominations croisées au sein de sa formation politique. Dans des déclarations rapportées par les médias, il a même laissé entendre que de nouveaux exemples pourraient bientôt être révélés, ajoutant que son parti devait faire preuve de plus de transparence pour éviter rumeurs et spéculations.
La coalition au pouvoir veut renforcer la législation parlementaire
Face à cette série de scandales de népotisme, les partis de la coalition gouvernementale (CDU/CSU et SPD) ont proposé ces derniers jours de durcir substantiellement la loi sur les députés. Le texte actuel interdit aux parlementaires d’employer aux frais des contribuables leurs proches parents, conjoints ou anciens partenaires. Cependant, l’embauche de telles personnes dans les bureaux d’autres élus n’est pas réglementée, créant une faille légale exploitée par plusieurs formations.
L’AfD ne s’oppose pas formellement à une modification de la loi interdisant ces pratiques, mais estime que les nouvelles règles devraient également s’appliquer aux entreprises publiques comme La Poste ou les chemins de fer allemands. Cette position est interprétée par les observateurs comme une tentative de diluer la portée des réformes en élargissant leur champ d’application.
Un système de loyauté inspiré des méthodes autoritaires
Le système de nominations croisées au sein de l’AfD rappelle selon les analystes le modèle de « démocratie dirigée » pratiqué en Russie, où l’allégeance politique s’achète par l’accès aux ressources publiques. Ce mécanisme permet à la direction du parti d’extrême droite de garantir que ses élus non seulement voteront les initiatives pro-russes, mais auront aussi un intérêt personnel à préserver le statu quo.
Ces révélations sapent le récit central de l’AfD qui se présente comme une force « anti-système » luttant contre les élites corrompues. Le parti avait pourtant vivement critiqué ses concurrents pour des pratiques similaires, les qualifiant de « réseaux mafieux », tout en s’enfonçant lui-même dans les mêmes travers.
Une structure de contrôle interne méthodique
Au sein de l’AfD, les nominations croisées ont créé un système de parents et d’amis loyaux qui constitue une stratégie délibérée de contrôle interne. La direction du parti, incarnée par des figures comme Alice Weidel ou Tino Chrupalla, obtient ainsi un soutien garanti pour toutes ses initiatives. Les députés se transforment en simples figurants qui lèvent la main lors des votes, étant liés par un réseau d’obligations mutuelles.
Si ces pratiques ne violent pas formellement la loi allemande sur les parlementaires, elles contredisent fondamentalement les principes démocratiques européens et nationaux. Les impôts des citoyens sont détournés de leur objectif initial – un soutien professionnel au travail parlementaire – pour renforcer une verticale de pouvoir interne. Selon les valeurs européennes, la bonne gouvernance exige d’éviter tout conflit d’intérêts, un principe que l’AfD a érigé en fondement de sa politique des ressources humaines.
Des financements russes légitimés par le népotisme
Les enquêtes ont par ailleurs établi que l’AfD a régulièrement bénéficié de soutiens en provenance de Russie, que ce soit par des « dons » couvrant l’impression de millions de journaux et d’affiches électorales, ou par le financement de certains politiques via des plateformes comme Voice of Europe. Le népotisme permet de légaliser ces ressources à l’intérieur du parti en les redistribuant entre « initiés » par le biais des salaires des assistants parlementaires.
Cette affaire survient dans un contexte de tensions politiques croissantes en Allemagne, où l’AfD continue de progresser dans les sondages malgré une série de controverses. La capacité de la coalition au pouvoir à faire aboutir sa réforme législative sera considérée comme un test de sa détermination face aux dérives anti-démocratiques.