Sans eux, l'hôpital est contraint de fermer : les raisons de la sortie des médecins étrangers.

Sans eux, l’hôpital est contraint de fermer : les raisons de la sortie des médecins étrangers.

04.09.2025 08:33
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Dans le département de Seine-et-Marne, la situation des médecins étrangers travaillant dans les établissements de santé de Meaux, Coulommiers, Marne-la-Vallée et au Grand Hôpital de l’Est Francilien (GHEF) devient de plus en plus complexe. Près de 50 praticiens se voient contraints de rembourser des primes que la nouvelle direction qualifie d’illégales. Ces primes ont été instaurées pour attirer les médecins dans des zones où le manque de personnel médical se fait ressentir, mais elles entraînent désormais des difficultés financières considérables pour ceux qui les ont perçues, rapporte TopTribune.

Des primes d’installation contestées

Les médecins concernés avaient été attirés par des compensations financières séduisantes, pouvant atteindre 100 000 euros, pour un total dépassant les 2,5 millions d’euros versés. Ces montants figuraient dans leurs contrats en tant que bonus pour venir exercer en France. Cependant, la nouvelle direction a jugé que ces primes ne respectaient pas la réglementation en vigueur et a donc décidé de les retirer des fiches de paie, les considérant comme perçues de manière indue.

Cette décision a suscité une onde de choc parmi les praticiens. Pour tenter d’atténuer l’impact financier, la direction propose d’échelonner le remboursement sur plusieurs années. Cependant, pour certains, ce report ne règle pas les problèmes financiers immédiats auxquels ils font face.

Témoignages alarmants

Parmi les voix qui s’élèvent, Yasmine, une jeune médecin d’origine algérienne, partage un témoignage alarmant sur RTL. Elle doit rendre 140 000 euros, ce qui équivaut à une réduction importante de son salaire, ne lui laissant que 1 500 euros par mois pour vivre. « C’est une véritable chute », explique-t-elle. Elle décrit sa situation comme « une vie qui s’effondre », en raison de ses difficultés à couvrir ses dépenses et du burn-out qui l’a poussée à abandonner son poste.

De son côté, Sophia, également médecin d’origine algérienne, doit rembourser 34 000 euros. Elle se sent trahie, ayant été attirée par la promesse d’une prime qui avait permis de multiplier son salaire de base de 1 500 euros par mois.

Réactions et implications au sein des corps médicaux

Face à cette situation, quatre médecins ont déjà remis leur démission. Les syndicats dénoncent fermement le traitement réservé aux Praticiens à Diplôme Hors Union Européenne (PADHUE), soulignant leur rôle crucial dans le fonctionnement des hôpitaux. Catherine Dos Santos, secrétaire adjointe à la CGT du personnel du GHEF, mentionne : « On ne leur laisse guère d’autre choix… Sur 80 PADHUE au GHEF, si chacun d’eux venait à quitter son poste, nous nous retrouverions avec un hôpital fermé. »

La tension est telle que plusieurs médecins ont décidé d’engager des actions judiciaires en déposant des recours au tribunal administratif. Pour l’instant, la direction n’a pas répondu aux demandes de dialogue provenant des praticiens.

Une situation préoccupante pour l’avenir

Le développement des événements suscite de vives inquiétudes quant à l’avenir des hôpitaux de la région, surtout en raison de la crise de liquidité pressentie pour 2027. Si des mesures équitables ne sont pas mises en œuvre rapidement, l’épuisement des équipes pourrait mener à une pénurie de personnel médical dans ces établissements, menaçant ainsi la qualité et la continuité des soins offerts aux patients.

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