L’année 2025 a vu une hausse de l’immigration légale en France, surtout liée à la protection des réfugiés et des étrangers menacés dans leur pays. Les départs se sont aussi accélérés, en particulier les expulsions, rapporte TopTribune.
Le 27 janvier 2026, le ministère de l’Intérieur a publié des chiffres provisoires sur l’immigration en France pour l’année 2025. Ces données révèlent une augmentation des premier titres de séjour accordés, principalement pour des motifs humanitaires et pour les étudiants, tandis que l’immigration économique connaît un ralentissement. Parallèlement, les expulsions augmentent et le processus de naturalisation se complexifie, entraînant une diminution des demandes acceptées.
Une hausse des titres de séjour accordés, tirée par les motifs humanitaires
En 2025, la France a délivré 384 000 premiers titres de séjour, en hausse de 39 000 par rapport à 2024, représentant une augmentation de 11,2%. La majorité des titres a été accordée pour des raisons humanitaires, notamment aux réfugiés, avec près de 93 000 titres délivrés, soit une hausse de 65% par rapport à l’année précédente. Les étudiants étrangers, avec environ 118 000 titres, restent la première catégorie bénéficiaire, marquant une progression de 6,4%. À l’inverse, les titres pour motifs économiques diminuent, avec seulement 51 000 délivrances, marquant une baisse de 12,6%.
Guillaume Mordant, responsable statistique à la Direction générale des étrangers en France (DGEF), souligne que la majorité des titres de séjour sont accordés à des ressortissants du Maghreb, malgré une diminution notable des chiffres. Sur le front humanitaire, les bénéficiaires ukrainiens et afghans connaissent une hausse significative, avec une multiplication par quatre des primo-délivrances pour les Ukrainiens, atteignant 14 400 en 2025, et une augmentation de 45,8% pour les Afghans.
Les Ukrainiens en tête des demandeurs d’asile
Au 31 décembre 2025, 4,47 millions de titres de séjour étaient en cours de validité en France, une augmentation de 3,2% par rapport à l’année précédente. Les visas délivrés ont également augmenté de 3,5%, tandis que les refus ont diminué de 6,3%. Cependant, le nombre de demandes d’asile a chuté, avec 116 746 premières demandes en 2025, représentant une baisse de 10,1% comparé à 2024.
Guillaume Mordant indique que malgré cette diminution, les décisions favorables ont augmenté : les attributions d’asile ont grimpé de 12,1%, portant le taux d’acceptation à 52,1%. L’Ukraine demeure le principal pays d’origine des demandeurs d’asile, avec 11 677 demandes, bien que celles-ci soient en recul par rapport aux années précédentes.
Les expulsions du territoire en hausse de 21%
Simultanément, les éloignements du territoire progressent de manière significative, totalisant près de 25 000 expulsions en 2025, en hausse de 15,7% par rapport à 2024, avec une augmentation de plus de 21% pour les expulsions forcées. Cette tendance souligne un durcissement de la politique gouvernementale en matière d’éloignement des étrangers en situation irrégulière.
Les naturalisations en baisse après la circulaire Retailleau
Pour l’année 2025, 62 235 personnes ont obtenu la nationalité française, en baisse de 6,8% par rapport aux 66 745 naturalisations de 2024. Ce déclin est fortement influencé par la réduction des naturalisations par décret, qui a chuté de 13,5% suite à l’implémentation d’une circulaire restrictive en mai 2025 par Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur. Cette circulaire a durci les critères d’accès à la nationalité, notamment en termes de niveau de langue et d’évaluation de l’insertion professionnelle des candidats.
Selon les estimations de l’Insee, au 1er janvier 2024, environ 6 millions d’étrangers résidaient en France, représentant 8,8% de la population totale. Parmi eux, 5,1 millions étaient des immigrés, souvent nés à l’étranger, tandis que d’autres, principalement des mineurs, pourront bénéficier de la nationalité à leur majorité. Les pays d’origine principaux des immigrés demeurent l’Algérie, le Maroc et le Portugal.