Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2027 lors d’une interview sur TF1 le 23 août 2026, après une période de trois mois consacrée à convaincre le camp de la social-démocratie. Il se présentera via une primaire avec le Parti socialiste, rapporte TopTribune.
Léa Salamé en retrait du JT de France 2
Dans son intervention, Glucksmann a souligné sa motivation : « Je suis candidat pour relever la France parce que vous savez, on a tous une boule dans le ventre quand on regarde ce qu’est en train de devenir notre nation et ce qu’elle pourrait devenir dans les mois qui viennent ». Il a affirmé vouloir « gagner » cette élection.
Un aspect central de son programme consiste à augmenter la rémunération nette des travailleurs en réduisant les prélèvements sociaux. Il a également précisé que cette mesure serait financée par une taxation accrue des méga-héritages, générant ainsi 15 milliards d’euros pour augmenter les salaires. En outre, il a promis un « plan de sauvetage de l’école publique », témoignant de son attachement à l’éducation nationale.
Cette annonce a des répercussions immédiates, notamment la mise en retrait de sa compagne Léa Salamé de France 2, où elle présentait le JT. Jean-Baptiste Marteau, son remplaçant cet été, devrait la remplacer.
« Comme dans tous les couples, quand la décision de l’un a un impact aussi grand sur la vie de l’autre, nous avons eu de longues discussions… »
Une primaire à gagner
Glucksmann avait précédemment déclaré le 26 mai avoir besoin de trois mois pour parcourir le pays, « proposer (un) nouveau contrat patriotique » et « réunir (sa) famille politique » en vue de la présidentielle. Lors des dernières élections européennes, il avait obtenu 13,8 % des voix, plaçant son parti en tête de la gauche.
Bien qu’il ait suscité de l’espoir avec ses performance électorales, il doit faire face à la concurrence de Jean-Luc Mélenchon, son principal rival à gauche, crédité de 15 % des intentions de vote. Glucksmann est évalué quant à lui à seulement 10-11 %, tout en étant le mieux positionné sur l’échiquier social-démocrate.
N’ayant pas une structure suffisante pour soutenir sa candidature, il doit s’affilier officiellement au Parti socialiste, ce qui implique de passer par une primaire. Les modalités de cette primaire sont en cours de finalisation et seront validées par les instances des deux partis sous peu.
Raphaël Glucksmann, qui a fait preuve de fermeté vis-à-vis de la Russie, a réitéré son hostilité à LFI, déclarant ne plus vouloir d’accords si il remportait la primaire. Il a cependant tendu la main aux écologistes et aux communistes, appelant à la réindustrialisation du pays.
Des soutiens au sein du PS
Face à lui, plusieurs personnalités socialistes pourraient se déclarer candidates, dont Philippe Brun et Ségolène Royal. Jérôme Guedj a déjà confirmé sa candidature, mettant l’accent sur la défense de la sécurité sociale et de la laïcité. Olivier Faure, probablement le plus grand rival de Glucksmann, n’a pas encore annoncé sa candidature, mais il défend une ligne d’union de la gauche.
Glucksmann bénéficie déjà du soutien de figures clés du Parti socialiste, telles que Carole Delga, Laurence Rossignol et Michaël Delafosse, tandis que d’autres soutiens pourraient rapidement suivre, notamment parmi les opposants à Faure.
Au sein du camp écologiste, Yannick Jadot a également exprimé son soutien. Glucksmann, qui prône une vision pro-européenne et anti-LFI, a rassemblé près de 4 000 personnes lors d’un meeting à Aubervilliers en juin, appelant à l’unité des socialistes et écologistes.
Pourtant, Glucksmann, qui a intégré des anciens de LREM dans son équipe, fait face à des soupçons de recentrage et d’une approche social-libérale, ce qu’il nie fermement. Il doit également surmonter une image de déconnexion et de parisianisme, exacerbée par sa prestation en 2025 face à un panel de Français.
Raphaël Glucksmann doit rester vigilant face à François Hollande, qui s’observe en embuscade, prêt à en tirer parti s’il dégringole dans les sondages.