Proposition de loi sur le travail le 1er mai : large rejet par les syndicats face à la volonté d’ouverture

Proposition de loi sur le travail le 1er mai : large rejet par les syndicats face à la volonté d’ouverture

10.04.2026 15:17
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Proposition de loi pour travailler le 1er mai : tensions entre syndicats et employeurs en France

Le 10 avril 2026, une proposition de loi visant à autoriser certaines professions à faire travailler les salariés le 1er mai sur une base volontaire est en examen à l’Assemblée nationale. Cette initiative suscite une forte opposition de la part des syndicats, qui craignent une déréglementation du marché du travail, rapporte TopTribune.

Un an plus tôt, le 1er mai 2025, Philippe Blanchard, artisan boulanger à Blagnac en Haute-Garonne, avait ouvert sa boutique avec son épouse pour faire face à la demande, malgré l’interdiction réglementaire. « J’avais mis un mot au magasin en disant qu’on allait travailler tous les deux. Ça s’est très bien passé. Nous, physiquement, c’était très dur, par contre », témoigne Isabelle Blanchard, tandis que son mari souligne qu’il ne force jamais ses employés à travailler un jour férié.

Philippe Blanchard soulève une question importante : « Je ne comprends pas pourquoi la boulangerie est interdite, alors que les fast-foods et tout, comme ça, ils sont ouverts. » La restauration rapide est en effet épargnée de cette réglementation, ce qui contraste avec les boulangeries, soumises à une amende en cas de non-respect du Code du travail.

Les salariés de la boulangerie partagent leurs préoccupations, soulignant : « Pourquoi les patrons auraient-ils le droit de travailler et pas les ouvriers ? » Certains ajoutent que travailler un jour férié pourrait offrir un bonus financier bienvenu. La clientèle, quant à elle, se divise sur le sujet. Une cliente exprime son soutien à la préservation des jours fériés, tandis qu’un autre client considère l’ouverture des commerces comme une opportunité, à condition que cela se fasse sur base du volontariat des employés.

La proposition de loi discutée ce vendredi 10 avril inclut cette notion de volontariat, mais ne rassure pas les organisations syndicales. Laurent Marty de la CGT Commerces de Haute-Garonne avertit : « Ça veut être la porte ouverte à tout. Parce que si demain, il y a un supermarché qui ouvre, il faudra qu’il y ait de la marchandise. Pour avoir de la marchandise, il faudra qu’il soit livré. » Selon lui, cela pourrait entraîner une dérégulation massive du marché du travail.

Si la loi était adoptée, elle toucherait environ 1 400 000 salariés, y compris les boulangers, les fleuristes, les commerces de bouche et les cinémas. Les débats autour de ce texte reflètent des enjeux plus larges sur la nature du travail et les droits des travailleurs en France.

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