Un champignon résistant aux médicaments se propage rapidement dans les hôpitaux européens, mettant en péril les patients vulnérables et exerçant des pressions sur les systèmes de santé, rapporte TopTribune.
Ce germe est à l’origine d’infections fongiques nosocomiales, potentiellement mortelles pour les plus fragiles. Cette situation alarmante a été mise en lumière par la dernière enquête du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui appelle à une action urgente face à cette menace croissante.
4 000 cas en 10 ans
Candidozyma auris a été identifié pour la première fois en 2009 et s’est depuis répandu dans de nombreux pays, y compris la France. L’Organisation mondiale de la santé le considère comme un agent pathogène prioritaire critique.
Ce champignon possède la capacité de persister sur diverses surfaces et équipements médicaux, facilitant sa propagation entre les patients, ce qui rend son contrôle particulièrement ardue.
Entre 2013 et 2023, plus de 4 000 cas ont été signalés dans les pays de l’UE/EEE, mais c’est l’accélération récente de cette épidémie qui suscite le plus d’inquiétude : 1 346 cas ont été signalés par 18 pays au cours de l’année 2023.
Cinq pays européens – l’Espagne, la Grèce, l’Italie, la Roumanie et l’Allemagne – concentrent la majorité des cas détectés durant la dernière décennie.
Malgré cette augmentation frappante, seuls 17 des 36 pays participant à l’enquête disposent d’un système national de surveillance pour le C. auris. « Sans surveillance systématique et déclaration obligatoire, l’ampleur réelle du problème est probablement sous-estimée », avertit l’ECDC.
Face à cette situation préoccupante, les experts rappellent qu’il est encore possible d’agir efficacement. « Ce n’est pas inévitable, affirment-ils. Une détection précoce et un contrôle rapide et coordonné des infections peuvent encore prévenir une transmission plus large. »