Primaire socialiste : Ségolène Royal affirme « Je ne suis soumise à personne » face aux accusations de sexisme

Primaire socialiste : Ségolène Royal affirme « Je ne suis soumise à personne » face aux accusations de sexisme

04.10.2026 06:26
3 min de lecture

Lors du premier débat de la primaire socialiste diffusé sur France 2, Ségolène Royal s’est retrouvée seule femme face à quatre hommes, dont Olivier Faure et Emmanuel Maurel. Cette situation rappelle déjà des scènes de 2006, lorsque Royal était la seule candidate féminine face à Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, ce dernier ayant émis des commentaires sexistes à son égard. Bien que ces propos aient été ensuite démentis, ils témoignent d’un sexisme persistant dans la politique française, rapporte TopTribune.

Vingt ans plus tard, lors de la première rencontre de la primaire actuelle le 23 septembre, Ségolène Royal a dû faire face à des insinuations de Jérôme Guedj, qui l’a accusée de se soumettre à La France insoumise. Elle a répondu fermement, affirmant qu’en tant que femme, elle refuse d’être traitée de cette manière : « Pas d’insulte. Je ne glisse pas dans la soumission, surtout en tant que femme », a-t-elle déclaré. Guedj a contesté cette réaction en se demandant en quoi le terme était insultant, à quoi Royal a rétorqué : « Je ne suis soumise à personne. »

« Incontrôlable ? Pourquoi pas forte ou libre ? »

Interrogée sur sa réaction, Royal précise que « la soumission, c’est le patriarcat ». Mariette Sineau, directrice de recherche honoraire au CNRS, note cependant que sa réponse semble « une instrumentalisation du sexisme à des fins de combat politique », la qualifiant d’« un peu facile » pour une femme ayant elle-même subi de la misogynie dans son parti et dans les médias.

Sineau considère que Royal, qui aurait pu gagner l’élection présidentielle en 2007 si elle avait obtenu le soutien nécessaire, aurait dû disperser davantage son féminisme à l’époque. Selon elle, aujourd’hui, une nouvelle génération de femmes a pris ses marques dans la sphère politique. Néanmoins, la politologue observe que le sexisme demeure présent, les femmes étant perçues comme une concurrence illégitime par certains hommes.

Ségolène Royal affirme désormais se sentir plus forte et ne pas tolérer ce qu’elle a accepté par le passé : « Vous me soutenez, ou vous dégagez de la campagne. » En réponse au titre de Marianne qualifiant sa personnalité d’« incontrôlable », elle déclare : « Pourquoi pas forte ou libre ? Incontrôlable renvoie à une forme d’incompétence. Je suis plus raisonnable et sage que les hommes qui ont mis notre pays dans le chaos. Il faut une autre façon d’exercer le pouvoir, avec plus de tendresse. »

Pas les mêmes réactions à une erreur de Royal ou de Sarkozy

Royal avait déjà souligné l’importance d’incarner un pouvoir protecteur et doux, une notion qu’elle défendait déjà lors de sa campagne présidentielle en 2007. Elle admet qu’elle n’avait pas suffisamment mis de côté sa féminité, regrettant d’avoir souvent porté des jupes. Marlène Coulomb-Gully, professeure émérite à l’université Toulouse-Jean-Jaurès, remarque que la défiance envers les femmes politiques persiste, citant des exemples passés où les erreurs de Royal étaient sévèrement critiquées, tandis que les manquements de Sarkozy recevaient moins d’attention.

Un incident marquant s’est produit en janvier 2007, lorsque Royal ne parvint pas à répondre à une question sur les sous-marins nucléaires, provoquant une vague de critiques. En revanche, lorsque Nicolas Sarkozy a fait une erreur sur Al-Qaïda, cela a été moins relevé. « Il y avait un double standard permanent », observe Coulomb-Gully.

Incarner le pouvoir

La candidate socialiste a également été moquée pour sa formulation du mot « bravitude », alors que des erreurs similaires de Sarkozy ont été largement ignorées. « Si une femme avait dissous l’Assemblée nationale comme a fait Emmanuel Macron en 2024, on aurait dit ‘elle est dingue’ », déclare Royal. Elle dénonce un « virilisme toxique » et une fascination pour la guerre chez ses collègues politiques.

Parallèlement, Marine Le Pen, une autre femme dans le paysage politique français, évolue dans un parti souvent associé à la virilité. Coulomb-Gully fait remarquer qu’en 2007, la presse se référait à Royal par son prénom, tandis que Sarkozy était désigné par son nom. Bien que Royal ait cherché à incarner la douceur maternelle, Le Pen la distingue par sa volonté d’affirmer son indépendance par rapport à son père, utilisant aussi son statut de mère dans sa communication politique.

Enfin, la politologue Mariette Sineau note que Ségolène Royal a indéniablement contribué à faire bouger les lignes pour les femmes en politique. Actuellement, alors que des figures comme Marine Tondelier prônent une présence féminine en politique tout en étant mères, le défi de le faire sans être critiquées persiste.

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