Pollutions sonores et atmosphériques : 80% des habitants de l'Île-de-France sont exposés à des niveaux supérieurs aux recommandations de l'OMS
Pollutions sonores et atmosphériques : 80% des habitants de l'Île-de-France sont exposés à des niveaux supérieurs aux recommandations de l'OMS

Pollutions sonores et atmosphériques : 80% des habitants de l’Île-de-France sont exposés à des niveaux supérieurs aux recommandations de l’OMS

28.05.2024
2 min de lecture

Bruitparif et Airparif publient mardi une cartographie croisant leurs données.

En Île-de-France, 9,7 millions de personnes, soit 80% des habitants de la région, sont exposées « aux pollutions sonores et atmosphériques à des niveaux qui excèdent fortement les recommandations de l’OMS », révèle, mardi 28 mai une étude conjointe de Bruitparif et d’Airparif. L’observatoire du bruit en Île-de-France et l’association en charge de la qualité de l’air dans la région ont croisé leurs données pour identifier les territoires touchés, ou non, par les deux types de pollution ou l’un des deux.

Les cartographies réalisées dans le cadre de l’étude montrent que 38% des communes franciliennes (487 communes) ont plus de la moitié de leur population exposée « simultanément à une qualité de l’air dégradée et à des niveaux importants de bruit », indiquent les organismes dans leur compte-rendu. Ces territoires se situent dans Paris, en petite couronne et, particulièrement, près des aéroports, mais aussi le long des grands axes routiers. C’est le cas, par exemple, près du boulevard périphérique parisien. 

« Sans surprise, les transports sont la cause principale en Île-de-France de pollution de l’air et de pollution sonore. »Olivier Blond, président de Bruitparif

à franceinfo

« L’enjeu de dynamiser toutes les villes autour de la capitale est fondamental et c’est ce à quoi on s’attaque« , a insisté mardi sur franceinfo celui qui est délégué spécial à la santé environnementale et à la lutte contre la pollution de l’air à la Région Île-de-France. Afin de réduire cette pollution de l’air et sonore, il insiste sur les investissements conséquents liés « aux transports » et « à plus long terme sur l’urbanisme ».

En revanche, dans 316 communes, « la quasi-totalité de la population est relativement épargnée et par la pollution de l’air et par les nuisances sonores, avec des concentrations de polluants de l’air et des niveaux de bruits proches des seuils recommandés par l’OMS », précisent les auteurs de l’étude. Ce sont, pour la plupart, des collectivités situées dans la grande couronne, au-dessus desquelles les aéronefs ne passent pas à moins de 2 000 mètres d’altitude. Si on se rapproche de Paris, la situation est « légèrement meilleure » dans le bois de Vincennes et le bois de Boulogne, mais aussi dans les quartiers du sud-ouest de la capitale.

Bruitparif et Airparif rappellent également les effets néfastes des pollutions sonores et atmosphériques sur la santé des habitants des zones les plus touchées. D’après une étude de Bruitparif publiée en 2021, la pollution sonore est « responsable d’un coût social de 43 milliards d’euros au sein de la région Île-de-France ». Elle « entraîne de la gêne, des perturbations du sommeil, accroît le risque de développer des maladies cardiovasculaires ou du diabète, et diminue la capactié d’apprentissage ». La pollution de l’air, elle, « favorise le développement du diabète, de maladies cardiovasculaires, des maladies respiratoires et du cancer du poumon, entraînant une perte l’espérance de vie et une augmentation de la mortalité ». Selon une précédente étude d’Airparif, publiée en 2022, la pollution atmosphérique est « responsable de 7 900 décès prématurés par an en Île-de-France ».


Méthodologie : Airparif et Bruitparif ont chacun développé un indice global pour la pollution de l’air et pour le bruit respectivement. Les deux observatoires ont ensuite travaillé à la définition d’un indice de coexposition air-bruit et à l’élaboration d’une méthode originale de représentation cartographique à deux dimensions (air-bruit). Airparif s’est basé sur les cartes de qualité de l’air des années 2020, 2021 et 2022. Bruitparif a utilisé les cartes de bruit stratégiques des transports (trafic routier, trafic ferroviaire, trafic aérien) produites en 2022.

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