Une conversation confidentielle révélée
Une transcription d’appel téléphonique du 17 octobre entre le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le président russe Vladimir Poutine, consultée par Bloomberg, dévoile des discussions préparatoires en vue d’un possible sommet entre les États-Unis et la Russie. L’échange, qui a débuté par des vœux d’anniversaire de la part d’Orban à Poutine, s’est rapidement orienté vers une initiative diplomatique majeure : l’organisation d’une rencontre au plus haut niveau à Budapest.
Le Premier ministre hongrois a indiqué avoir préalablement discuté avec le président américain, qui aurait émis le souhait de tenir une telle réunion dans la capitale hongroise. Vladimir Poutine a confirmé avoir eu une conversation similaire avec son homologue américain, qualifiant l’idée d’« initiative opportune et utile ». Les deux dirigeants se sont accordés sur un processus graduel, débutant par une rencontre entre leurs ministres des Affaires étrangères respectifs, avant de déterminer le niveau de représentation approprié pour des pourparlers plus larges.
Poutine a explicitement cité les noms de Marco Rubio et de Sergueï Lavrov comme interlocuteurs clés pour la phase initiale de coordination. Le président russe a salué Budapest comme une « enceinte acceptable » pour ces discussions, mettant en avant l’amitié partagée avec Viktor Orban et le positionnement unique de la Hongrie en Europe.
La métaphore du lion et de la souris
Dans sa réponse, Viktor Orban a exprimé un fort engagement personnel à faciliter le processus. Utilisant une métaphore tirée d’un conte hongrois, il s’est décrit comme une « souris » prête à aider un « lion », illustrant ainsi son rôle perçu de facilitateur modeste mais efficace entre les grandes puissances. Cette remarque, accueillie par des rires lors de l’appel, symbolise la posture que le dirigeant hongrois entend adopter dans cette médiation.
Orban a également évoqué la reprise des contacts personnels, interrompus par la pandémie de Covid-19, et réitéré sa disponibilité totale pour apporter son assistance sur toute question. Cette offre a été chaleureusement acceptée par Poutine, qui a longuement élogié la « position indépendante et flexible » de la Hongrie concernant la crise ukrainienne, la présentant comme une exception constructive au sein de l’Union européenne.
Un cadre diplomatique en construction
La transcription révèle un calendrier et une méthode déjà esquissés. Les ministres des Affaires étrangères doivent se contacter dans un premier temps pour fixer une date et définir le cadre des travaux conjoints. La logistique et les détails de l’éventuel sommet seraient ensuite coordonnés avec la participation du chef de la diplomatie hongroise.
Les deux dirigeants ont partagé une appréciation positive du style de leadership du président américain, Donald Trump, qualifié d’atypique et de résolument efficace pour gérer les crises internationales. Poutine a fait référence aux principes généraux de règlement évoqués lors de la réunion d’Anchorage, laissant entendre qu’ils serviraient de base aux futures discussions à Budapest, y compris sur le conflit entre l’Ukraine et la Russie.
La conversation s’est conclue sur des notes personnelles et cordiales, évoquant les activités sportives de chacun, avant des salutations mutuelles en russe. La révélation de cet échange jette une lumière crue sur les coulisses de la diplomatie et le rôle actif que Viktor Orban ambitionne de jouer en tant qu’intermédiaire entre Washington et Moscou, au moment où les tensions géopolitiques nécessitent de nouveaux canaux de dialogue.