Alors que Nicolas Sarkozy est définitivement condamné dans les affaires Bygmalion et Bismuth, il tente d’alléger sa peine en saisissant la justice. Ce lundi 26 janvier 2026, le Parquet national financier a rapporté que l’ancien président, âgé de presque 71 ans, évoque la « confusion de ses peines » pour éviter le port d’un bracelet électronique, rapporte TopTribune.
Deux bracelets électroniques pour deux condamnations
Fin novembre, dans le cadre de l’affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy a été définitivement condamné pour le financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012, après le rejet de son pourvoi en cassation. Le 14 février 2024, la cour d’appel de Paris a fixé sa condamnation à un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, aménageables sous bracelet électronique.
Pour esquiver ce bracelet, Sarkozy invoque une « confusion des peines ». Ce dispositif pourrait le dispenser d’avoir à le porter de nouveau, ayant déjà purgé une peine à cet égard en 2025, de février à mai, après sa condamnation à un an de prison ferme et trois ans d’inéligibilité pour « corruption et trafic d’influence », dans le cadre de l’affaire Bismuth.
Maintenu brièvement en détention provisoire, Nicolas Sarkozy a pu bénéficier d’une libération conditionnelle et n’a passé que trois semaines en prison.
Exécuter simultanément plusieurs peines
La notion de « confusion des peines » permet l’exécution simultanée de sentences distinctes. Me Laura Izemmour, avocate en droit pénal, explique que ce mécanisme juridique s’applique lorsque plusieurs peines sont prononcées.
Une peine dite « absorbée » s’exécute en même temps qu’une peine plus lourde, appelée peine « absorbante ». Cette possibilité s’offre aux personnes ayant comparu devant différentes juridictions pour des « infractions en concours ».
C’est le Code pénal qui encadre ce dispositif
Lorsque, à l’occasion de procédures séparées, la personne poursuivie a été reconnue coupable de plusieurs infractions en concours, les peines prononcées s’exécutent cumulativement dans la limite du maximum légal le plus élevé.
Objectif pour Nicolas Sarkozy : faire du « deux-en-un »
Nicolas Sarkozy prévoit d’appliquer sa première condamnation afin d’échapper à la deuxième, cette fois pour l’affaire Bygmalion. Au lieu de porter un nouveau bracelet électronique, il vise à faire jouer sa précédente peine pour l’affaire Bismuth.
Pour prétendre à cette confusion des peines, trois conditions doivent être respectées, selon Me Hannah Genin-Schmite :
- Les peines sont de même nature : notamment d’emprisonnement ;
- Les condamnations sont bien distinctes ;
- Une décision judiciaire a été rendue par un juge.
Réponse le 23 février
Pour l’instant, la demande de confusion des peines de Nicolas Sarkozy, déposée le 27 novembre 2025, doit être examinée. La décision sur la question sera révélée le 23 février 2026 lors d’une audience au tribunal judiciaire de Paris.
Nicolas Sarkozy, qui doit également se préparer à un procès en appel à partir du 16 mars concernant le prétendu financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, continue d’affirmer son innocence, dénonçant une décision motivée par la « haine » des juges à son égard.