Nicolas Sarkozy défend son innocence dans l'affaire de financement libyen lors de son procès en appel

Nicolas Sarkozy défend son innocence dans l’affaire de financement libyen lors de son procès en appel

08.04.2026 06:36
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Nicolas Sarkozy face à la justice : le procès en appel pour financement libyen de sa campagne continue

Lors d’une audience devant la cour d’appel de Paris le 7 avril, Nicolas Sarkozy a exprimé son empathie envers les proches des victimes de l’attentat du DC-10 en 1989, tout en défendant son innocence dans l’affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Il a déclaré : « J’aurais eu la même colère, le même chagrin, » mettant en lumière les souffrances des victimes et leur droit à la vérité, rapporte TopTribune.

Le procès, qui a débuté le 16 mars, met en exergue les accusations de l’association de malfaiteurs, particulièrement liées à la contrepartie du suivi du dossier pénal de l’opérateur libyen Abdallah Senoussi, jugé comme le « cerveau » de l’attentat. Nicolas Sarkozy a reconnu que « les victimes ont tous les droits » mais a insisté que « la vérité » est la seule réponse adéquate à leur souffrance.

« La vérité, c’est qu’il n’y a pas eu un seul centime d’argent libyen dans ma campagne. La vérité, c’est que je n’ai pas agi en faveur de monsieur Senoussi. »

Nicolas Sarkozy

devant la cour d’appel de Paris

L’ancien président a également affirmé que le dictateur libyen Mouammar Kadhafi « n’avait aucune prise sur moi, ni sur le plan financier, ni sur le plan politique, ni sur le plan personnel. » La cour a demandé des éclaircissements sur la transformation de ses ambitions politiques, questionnant la part de soutien dont il disposait à la fin de 2005, notamment en lien avec des visites en Libye de son entourage proche.

Nicolas Sarkozy a contesté les accusations selon lesquelles ses collaborateurs, Brice Hortefeux et Claude Guéant, auraient rencontré Senoussi dans le but d’obtenir des fonds. « C’était le candidat naturel de l’UMP pour 2007, » a-t-il déclaré, affichant une posture confiante alors qu’il s’adresse à la cour dans une ambiance sérieuse.

Au fil de l’audience, Sarkozy a plaisanté sur le rôle d’un président, insinuant que « un président de la République n’est pas qu’un homme politique. » De plus, il a comparé une campagne électorale à de la musique, distinguant entre le programme et l’émotion. Son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, était présente, suivant attentivement son témoignage.

Cette première journée d’interrogatoire a montré un Sarkozy relativement calme, bien que mis au défi par le président de la cour sur les voyages de ses collaborateurs en Libye. Les déclarations de Sarkozy sur la victimisation de ses associés par Ziad Takieddine, un acteur clé du dossier, ont suscité des débats. Il a avoué qu’une « erreur » avait été commise, et que Claude Guéant et Brice Hortefeux avaient été « imprudents » dans leur interaction avec lui.

« Avant d’être victimes, ils ont été coupables d’imprudence. »

Nicolas Sarkozy

devant la cour d’appel de Paris

Le procès sera décisif non seulement pour Sarkozy, mais également pour l’image des institutions politiques françaises. En rejetant les accusations de corruption, précédentes et actuelles, Sarkozy a insisté sur le fait qu’il n’y a jamais eu de pacte avec Kadhafi, promettant de le répéter jusqu’à son dernier souffle. Cependant, cette défense n’a pas convaincu certaines parties civiles. Maryvonne Raveneau, veuve du pilote du DC-10, a exprimé sa frustration, le qualifiant de « déni et mensonge », révélant ainsi la complexité des émotions entourant cette affaire.

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